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Guinée Bissau. Le pays veut sortir de l’ombre

En recevant 1 milliard d’euros de promesses de dons, la Guinée Bissau entend relancer une économie affaiblie par des années d’isolement du régime issu du coup d’Etat. Le nouveau président démocratiquement élu compte financer des infrastructures de base qui font défaut au pays.

BissauSur le plan économique, on entend très peu la Guinée Bissau. Ce 25 mars, cette ancienne colonie portugaise, entourée de pays francophones, était pourtant à l’honneur à Genève dans la conférence qu’elle a organisée avec les Nations Unies et l’Union Européenne. Au total, 70 délégations ont répondu à l’appel et la plupart ont décidé de mettre la main à la poche pour aider le pays à se doter en infrastructures, assurer son développement dans un environnement sûr et démocratique. Ce n’était pas seulement une conférence de bailleurs de fonds européens. Macky Sall, le président du puissant voisin, le Sénégal, était au côté de son homologue José-Mario Vaz, le nouveau président bissau-guinéen. Des invités aussi divers que Hernani Coelho, le ministre du Commerce extérieur et de la coopération du Timor Oriental.

Générosité des donateurs

La Guinée Bissau a recueilli un milliard d’euros de promesse de dons. La Commission européenne a décidé de lui octroyer 160 millions d’euros pour y consolider la démocratie.

«L’importance de cette promesse de dons montre que la communauté internationale est déterminée à aider ce pays à prendre un nouveau départ. J’espère que ce soutien massif sera de nature à encourager le gouvernement à concrétiser ses ambitions de réforme et à mettre en œuvre sa vision stratégique Horizon 2025, au profit de la population du pays et de la stabilité de la région tout entière», a déclaré Neven Mimica, Commissaire chargé de la Coopération internationale et du développement.

Sur la base des priorités recensées dans le programme gouvernemental «Terra Ranka» pour les cinq années à venir, les partenaires sont convenus de renforcer certains secteurs comme l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture, la gouvernance et l’État de droit.

Retour sur la scène internationale

Les participants à la conférence ont unanimement salué les progrès accomplis par le gouvernement élu démocratiquement et rendu hommage à sa volonté de consolider la démocratie, l’État de droit, la reprise économique et la lutte contre la pauvreté. Plusieurs partenaires ont repris totalement leur coopération avec la Guinée-Bissau, y compris l’UE, qui vient de lever les mesures prises après le coup d’Etat.

Il convient de rappeler que le programme Terra Ranka qui doit être déroulé d’ici 2020 entend mettre le pays sur le chemin du développement en le dotant de la plupart des infrastructures de base qui lui font tant défaut.

Après quelques années de croissance négative ou proche de zéro (-1,5% en 2012, 0,3% en 2013, 2,6% en 2014), cette manne financière devrait aider Bissau à relancer l’économie par les grands travaux. Malheureusement, le déficit en main d’œuvre qualifiée et l’absence de grandes entreprises dans le domaine des travaux publics et la production de matériel, font que l’effet d’entrainement sera certainement très faible à court terme. On comprend mieux la présence de Macky aux côtés de son hôte du jour. En effet, beaucoup de ces entreprises risquent de venir du Sénégal voisin. De même, la main-d’œuvre aussi pourrait être en bonne partie sénégalaise. Cela n’occulte pas l’importance de maintenir des relations diplomatiques avec la Guinée Bissau pour le président sénégalais. En effet, les pays limitrophes du Sénégal sont souvent une base arrière des rebelles casamançais.

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