Réunis à Bamako à l’occasion du Forum d’affaires Mali-Maroc, responsables politiques et chefs d’entreprise des deux pays ont affiché leur volonté d’accélérer leur partenariat économique. Entre relance du Conseil d’affaires bilatéral, nouveaux accords sectoriels et ambition commune de renforcer l’intégration africaine, Rabat et Bamako entendent franchir un nouveau cap.
Le Maroc et le Mali veulent donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique. Organisé le 23 juillet à Bamako par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), le Forum d’affaires Mali-Maroc s’est imposé comme le temps fort économique de la quatrième session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays.
Une mobilisation économique de grande ampleur
Autour des ministres de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour pour le Maroc et Moussa Alassane Diallo pour le Mali, plus de 300 opérateurs économiques marocains et maliens ont fait le déplacement. Une participation qui traduit l’intérêt croissant des milieux d’affaires pour un partenariat appelé à dépasser les échanges commerciaux traditionnels au profit d’une logique de co-investissement.
Conduite par Mehdi Tazi, président de la CGEM, la délégation marocaine rassemblait des entreprises issues de secteurs stratégiques tels que l’agroalimentaire, l’énergie, les BTP, l’immobilier, les mines, la finance, les télécommunications et la logistique.
Le Conseil d’affaires Maroc-Mali officiellement relancé
L’un des principaux résultats du Forum est la signature d’un protocole d’accord entre la CGEM et le CNPM actant la relance du Conseil d’affaires Maroc-Mali.
Cette instance permanente aura pour mission d’identifier de nouveaux projets d’investissement, d’accompagner les entreprises des deux pays, de faciliter les partenariats et de formuler des recommandations destinées à améliorer le climat des affaires. Elle sera coprésidée par Moncef Ziani pour le Maroc et Sory Ibrahima Maïga pour le Mali.
Au-delà de sa portée symbolique, cette relance traduit la volonté des deux patronats de structurer un dialogue économique durable et de lever les obstacles qui freinent encore les investissements croisés.
L’énergie au cœur des nouveaux partenariats
Le Forum a également été marqué par la signature d’un accord entre la Fédération nationale de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables du Maroc (FENELEC) et son homologue malienne (FENEM).
Cet accord vise à renforcer la coopération entre les entreprises des deux pays dans un secteur considéré comme stratégique pour accompagner les besoins croissants en infrastructures et en électrification du Mali.
Une vision commune de l’intégration africaine
Au-delà des accords signés, les différentes interventions ont mis en avant une conviction partagée : le développement du continent passera par un commerce intra-africain plus dynamique, des chaînes de valeur régionales mieux intégrées et des investissements structurants créateurs d’emplois.
Dans cette perspective, plusieurs intervenants ont souligné le potentiel de l’Initiative Atlantique portée par le Roi Mohammed VI, destinée à offrir aux pays du Sahel un accès stratégique à l’océan Atlantique. Ce projet est perçu comme un levier majeur pour renforcer la connectivité régionale, fluidifier les échanges commerciaux et accélérer l’intégration économique africaine.
Des opportunités d’investissement au cœur des échanges
Les travaux se sont poursuivis autour d’un panel consacré au climat des affaires et aux opportunités d’investissement au Mali comme au Maroc, avec la participation notamment de représentants de l’API-Mali, de l’APEX-Mali, de l’AMDIE, de MASEN ainsi que du Conseil d’affaires Maroc-Mali.
La journée s’est achevée par une série de rencontres B2B, B2G et G2G, offrant aux entreprises et aux institutions des deux pays l’occasion de nouer des contacts directs et d’explorer de nouvelles pistes de coopération.
Une relation appelée à changer d’échelle
Au-delà des annonces, ce Forum traduit une évolution de la relation économique entre Rabat et Bamako. Les deux partenaires affichent désormais l’ambition de transformer une coopération historique en un véritable partenariat de co-développement.
L’objectif est double : accompagner la dynamique de développement du Mali grâce aux investissements et au savoir-faire des entreprises marocaines, tout en faisant du Maroc une plateforme industrielle, logistique et financière permettant aux entreprises maliennes d’accéder plus facilement aux marchés régionaux et internationaux.
À Bamako, le message est clair : le temps de la coopération institutionnelle laisse progressivement place à celui des projets concrets, des investissements croisés et d’une intégration économique africaine portée par le secteur privé.





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