Après des années de pénuries d’électricité qui ont freiné sa croissance, l’Afrique du Sud entend changer d’échelle. Avec le soutien de Pékin, Pretoria lance un vaste programme d’investissement de 2 200 milliards de rands (122 milliards de dollars) destiné à moderniser son système électrique, accélérer sa transition énergétique et faire renaître une base industrielle mise à mal par la crise.
L’Afrique du Sud veut mettre un terme à une décennie de crise énergétique. Longtemps confronté à des coupures d’électricité à répétition qui ont ralenti son économie et fragilisé son appareil productif, le pays engage désormais une transformation d’une ampleur inédite.
Au cœur de cette stratégie figure un plan d’investissement de 2 200 milliards de rands (122 milliards de dollars), appuyé par la Chine, qui prévoit de renforcer durablement les capacités de production et de moderniser les infrastructures électriques du pays.
L’objectif est ambitieux : installer 105 gigawatts (GW) de nouvelles capacités de production et déployer 14 500 kilomètres de nouvelles lignes de transport d’électricité d’ici à 2039. Une montée en puissance destinée à sécuriser l’approvisionnement énergétique d’une économie encore pénalisée par les séquelles des délestages.
Faire de l’énergie un levier de réindustrialisation
Au-delà de la seule production d’électricité, Pretoria entend faire de ce programme un moteur de sa politique industrielle.
Le gouvernement recherche activement des partenaires chinois capables d’implanter des unités de production sur son territoire afin de fabriquer localement des transformateurs électriques, des batteries, des panneaux et autres équipements solaires, des câbles ainsi que d’autres composants stratégiques pour le secteur énergétique.
Cette approche traduit une volonté de capturer davantage de valeur ajoutée sur le territoire sud-africain, plutôt que de dépendre des importations d’équipements indispensables à la transition énergétique.
Le pari d’un hub industriel africain
En s’appuyant sur l’expertise industrielle et les capacités de financement de la Chine, Pretoria poursuit un double objectif : restaurer la sécurité énergétique du pays tout en reconstruisant son tissu manufacturier.
Si le projet atteint ses objectifs, il pourrait contribuer à réduire la facture des importations, stimuler la création d’emplois qualifiés et renforcer les capacités industrielles locales. Surtout, il placerait l’Afrique du Sud en position de devenir l’un des principaux pôles africains de fabrication d’équipements destinés aux énergies propres, à un moment où le continent accélère lui aussi sa transition énergétique.
Au-delà de la réponse à l’urgence électrique, Pretoria joue ainsi une carte plus stratégique : faire de l’énergie le socle d’une nouvelle politique industrielle et d’un repositionnement économique à l’échelle du continent.





Afrique du Sud



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