Le Ghana s’attend à un nouveau décrochage de sa production de cacao lors de la prochaine campagne, un scénario qui risque de prolonger les tensions sur le marché mondial alors que la filière traverse une tempête chez les deux premiers producteurs de la fève (Côte d’Ivoire et Ghana). Selon les prévisions du Conseil ghanéen du cacao (Cocobod), la récolte de la campagne 2026-2027 devrait baisser d’au moins 16 %, conséquence de mauvaises conditions climatiques, de maladies persistantes et de la dégradation des plantations. Ce sont autant de revenus en moins pour les petits agriculteurs de la filière.
Cette baisse prévue intervient alors que le secteur est à la peine depuis plusieurs saisons. Deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana fait face depuis plusieurs campagnes à une succession de chocs qui fragilisent sa filière.
Vieillissement des plantations, effet El Nino
Les autorités attribuent ce recul à plusieurs facteurs. Elles assurent que les effets de « deuxième mi-temps » d’El Niño, en plus de fortes précipitations de mai et juin derniers, ont perturbé le développement des cacaoyers. Le pays continue également de subir les conséquences de la maladie du Swollen shoot, un virus qui détruit progressivement les cacaoyers et oblige les producteurs à arracher des plantations entières avant de les reconstituer. Par ailleurs, le vieillissement d’une partie des vergers a fait chuter les rendements dans plusieurs zones agricoles sans compter la progression de la culture d’hévéa qui fait désormais concurrence au cacao.
Les régions de Western et Western North, qui pèsent plus de la moitié de la production du cacao ghanéen, sont les plus touchées. Face à ce sombre tableau, le Cocobod (régulateur de la filière) veut accélérer ses programmes de réhabilitation des plantations, renforcer les campagnes de traitement contre les maladies et relancer la distribution gratuite d’engrais afin d’améliorer la productivité des exploitations.
Ce « profit-warning » sur la production ghanéenne de cacao tombe au moment où la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, anticipe, elle aussi, un recul de sa production pour la prochaine campagne. Une contraction simultanée de l’offre dans les deux pays qui assurent au moins 50% de la production mondiale, va accentuer les tensions sur le marché et finira par se traduire par une hausse des prix du produit fini (chocolat). Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le consommateur.





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