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L’initiative Covax ou quand les riches s’obligent à financer le vaccin des pauvres

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Les riches doivent financer le vaccin des pauvres. Alors que la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) entre dans sa deuxième année de crise sanitaire d’ampleur mondiale, cette réalité s’impose d’elle-même. La course aux vaccins a montré l’autre visage d’un monde où la montée de l’isolationnisme outrepasse les domaines militaire et économique.

La panique généralisée ne doit cependant pas cacher cette vérité: face à ce Mal incontrôlable, aucun pays ne se sauvera seul. Longtemps épargnée, l’Afrique a fini par plonger, elle aussi, dans la crise sanitaire. L’Inde est devenue le nouveau centre de l’épidémie prenant le relais des Etats-Unis et du Brésil et battant le record de contaminations, avec des pics de 400.000 infections par jour ! Le virus transmute avec une facilité déconcertante et raffermit la notion de village planétaire, quand il se sert de la mobilité, contrariée mais non arrêtée, pour «voyager» en mutant entre les continents.

Les demi-succès, aux USA, arrivés aujourd’hui à la vaccination de 147.047.012 personnes, soit 44.42% de la population totale du pays, au Royaume-Uni (51.90%) ou aux Emirats arabes unis (51.38%) ne cachent pas les échecs patents ailleurs : Brésil (14.98%), Mexique (11.33%), Inde (9.18%), Russie (8.52%).

En Afrique, les Seychelles, avec une population de 98.340 personnes, à peine plus importante que celle de la ville française d’Avignon, a atteint l’immunité collective (68.82%). Le Maroc qui est à seulement 5.055.239 personnes (13.70%) sur une population de 36.910.558 d’habitants, est pourtant le champion de la vaccination en Afrique dont la majorité des pays n’a pas encore entamé les opérations de vaccination ! Une situation qui inquiète et interpelle. Une menace pour les autres pays, si l’on comprend que le monde est Un. Et que l’Inde et l’Afrique en constituent le tiers !

Cette réalité justifie amplement l’intérêt accordé aujourd’hui à l’initiative Covax. Ceux qui font la course aux vaccins en tête se disent que mieux vaut tard que jamais. Face à ce fléau, les pays, riches ou pauvres, sont liés par une communauté de destin. C’est la lutte pour la survie. Surtout quand on pense, de plus en plus, que le Covid-19 peut s’installer durablement, devenir une grippe endémique. 
Pour aider les pays les plus pauvres à accéder aux vaccins contre le coronavirus, le programme Covax a besoin d’argent. De beaucoup d’argent, afin de pouvoir réserver des doses supplémentaires.

L’initiative, lancée mi-avril, et soutenue par Washington, vise la levée de 2 milliards de dollars additionnels. Avec une première collecte de 400 millions de dollars, soit 20% de la somme recherchée, les donateurs sont encore loin du compte.

D’ici la fin de l’année, le programme Covax prévoit de distribuer une quantité de doses pouvant couvrir la vaccination de 27% de la population dans les 92 pays à faibles revenus dont plus de la moitié se trouve en Afrique.

Ainsi, le dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre le Covid-19 (Accélérateur ACT) est une nouvelle collaboration mondiale novatrice visant à accélérer la mise au point et la production de produits de diagnostic, de traitements et de vaccins contre le Covid-19 et à en assurer un accès équitable. Dirigé par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’Alliance GAVI et l’OMS, il permet d’accélérer la recherche d’un vaccin efficace dont tous les pays pourront bénéficier. Parallèlement, cet axe de travail contribue au développement des capacités de fabrication et à l’achat de fournitures, à l’avance, afin que deux milliards de doses puissent être distribuées équitablement d’ici la fin 2021.

Le programme a déjà distribué 38 millions de doses, dont la première cargaison a été livrée le 24 février dernier au Ghana. Du côté des donateurs, le Japon accueillera en juin prochain un sommet de financement de Covax axé sur les 92 pays.

Le financement de vaccins pour les pays pauvres découle d’une vérité aujourd’hui acceptée par tous : personne ne sera en sécurité tant que le monde entier ne le sera pas. 

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