Le gouvernement congolais a confirmé dimanche 5 avril, la conclusion d’un accord avec les Etats-Unis pour accueillir dès ce mois d’avril, des ressortissants de pays tiers expulsés des Etats-Unis, sans toutefois préciser leur nombre. Entièrement financé par Washington, cet accord, présenté comme temporaire par Kinshasa, a été conclu sans consultation du Parlement.
La RDC n’est pas la première à conclure ce type de deal avec l’administration Trump. Le voisin rwandais a accueilli 250 migrants expulsés en août 2025 par les autorités américaines pour séjour illégal. L’Ouganda avait également signé un accord similaire en juillet 2025, un premier groupe de douze personnes y est d’ailleurs arrivé jeudi 2 avril dernier. Washington a tissé des partenariats analogues avec le Cameroun (qui continue de nier, le Ghana, la Guinée équatoriale, le Soudan du Sud et l’Eswatini.
Selon un rapport du Comité des Affaires étrangères du Sénat américain publié en février dernier, le coût de ces expulsions vers des pays tiers aurait dépassé 40 millions de dollars entre janvier 2025 et janvier 2026. Kigali et Malabo auraient chacun touché 7,5 millions de dollars dans ce cadre.
L’accord conclu par Kinshasa s’inscrit dans une coopération plus large avec les Etats-Unis : les deux pays ont également conclu un accord minerais contre sécurité, et Washington a promis 900 millions de dollars à la RDC dans le domaine sanitaire.
Le site d’information Jeune Afrique assure que Kinshasa et Washington négocient depuis près d’un an. Sollicité par Reuters, le Département d’Etat a indiqué n’avoir «aucun commentaire à faire sur les détails de ses communications diplomatiques avec d’autres gouvernements,» ajoutant que « la mise en œuvre des politiques d’immigration de l’administration Trump est une priorité absolue.»
Aux critiques venant de la société civile, les autorités congolaises rétorquent que «l’examen se fera au cas par cas, dans le respect des lois congolaises et des impératifs de sécurité nationale, et que les arrivées ne seront pas automatiques.» Le gouvernement a déjà désigné des sites d’accueil dans les faubourgs de Kinshasa et assure qu’il ne s’agit ni d’une relocalisation permanente, ni d’une externalisation de la politique migratoire américaine.





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