Anticoagulant naturel, l’oignon poussait dans les jardins chinois il y a 5000 ans. On sait aussi que l’oignon a souvent été trempé dans des boulets de canon lors de campagnes corsaires du XVIIème siècle. Sa culture recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis a suscité l’intérêt de nombreux voyageurs dont le géographe arabe Ibn Hawqal lors de son voyage en Sicile au milieu du Xe siècle. Symbole de luttes, le bulbe a aussi inspiré le nom d’un journal nord-américain «The Onion», média d’informations parodiques toujours en activité qui se définit comme l’ «America’s Finest News Source.»
Pour comprendre son cheminement vers les corsaires, il faut remonter à l’influence espagnole sur l’Arc Atlantique en particulier à l’époque de Charles Quint, qui pour sa guerre contre François Ier, recruta des orlogeurs (sans H) pour le réglage des canons.
L’oignon est une culture qui s’est propagée dans toutes les régions tempérées du monde. Les principaux pays producteurs sont aujourd’hui : la Chine, les États-Unis, l’Inde et le Japon. En Espagne, quelque 35000 hectares sont aujourd’hui cultivés, répartis dans toutes les provinces, même si la culture la plus répandue se fait au Levant espagnol, au centre du pays et en Andalousie. L’Espagne occupe, dans le commerce international, la deuxième place comme exportateur, derrière la Hollande, et est suivi par l’Inde et les États-Unis. L’oignon représente aujourd’hui le troisième rang de l’horticulture espagnole par la surface qu’il occupe, et le second rang par son volume de production.
C’est un exemple clair de la manière dont ce bulbe si présent dans notre alimentation a été modifié depuis l’Antiquité pour dériver de plusieurs manières et même devenir une sorte de médecine liée à l’art culinaire. De Dioscorides à Laguna, d’énormes bienfaits pour la santé ont été attribués à l’oignon, trouvant des remèdes utilisés pour traiter l’asthme, le diabète, l’hydropisie, l’hypertension, la migraine, les rhumatismes, la tuberculose, la fièvre typhoïde… Edouard de Pomiane (scientifique culinaire français, célèbre dans les années 1930) y consacra de nombreuses études.
Bien que Pasteur ait démontré qu’il s’agit d’un antiseptique puissant en plus d’être légèrement radioactif, son utilisation en médecine populaire a été l’une des plus courantes.
En Espagne, le Congrès international de l’oignon se tient à Albacete (en Castille-La Manche), une réunion qui réunit des spécialistes du secteur de l’oignon du monde entier.
Le nom moderne Albacete reflète son appellation arabe Al-Basīṭ, البسيط «la plaine», en allusion à la géographie locale. Il est possible que ce nom ait été lui-même réinterprété à partir d’un toponyme ancien : soit un nom celtibère Alaba. Le celtibère (ou hispano-celtique) est une langue celtique morte, parlée par les Celtibères dans le centre de l’Espagne avant et durant l’Empire romain. Il nous reste très peu de traces du celtibère, qui est attesté dans quelques toponymes pré-romains de la péninsule ibérique ayant survécu suffisamment longtemps pour qu’ils apparaissent dans des documents écrits, dans la formation de certains noms de personne (ce qui donne des indices concernant sa grammaire), ainsi que par quelques inscriptions sur des plaques de bronze ou de plomb, tracées en écriture celtibère qui combine des caractéristiques phéniciennes et grecques.
De son origine née en Asie centrale et son déploiement dans tout l’Orient (du Baloutchistan au sud du Pakistan à la Palestine), l’oignon a gagné les rives de l’Occident chrétien pendant les croisades. Son ancrage en Espagne pendant la période médiévale, lui a permis d’étendre sa grande renommée dans toute l’Europe et de faire basculer son agro-transformation vers des innovations maritimes. Le patronyme Lognoné qui a des origines corsaires, y fait sans doute référence.
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