Le Zimbabwe s’est retiré des discussions portant sur un accord bilatéral de santé publique d’une valeur de 367 millions de dollars US avec les États-Unis. Le gouvernement invoque ses préoccupations concernant le partage de données sensibles de santé en échange du soutien financier américain. Un porte-parole du gouvernement a suggéré mercredi, 25 février que la proposition représentait un «échange inégal»
«Au fond, l’arrangement était asymétrique. On demandait au Zimbabwe de partager ses ressources biologiques et ses données sur une longue période, sans garantie correspondante d’accès à d’éventuelles innovations médicales — telles que vaccins, diagnostics ou traitements — pouvant résulter de ce partage de données,» a déclaré le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana, dans un communiqué.
Mangwana a précisé que les États-Unis ne proposaient pas de partage réciproque de leurs propres données épidémiologiques.
L’ambassade des États-Unis à Harare a indiqué que l’aide américaine dans le domaine de la santé au Zimbabwe serait désormais progressivement retirée.
Les deux pays étaient en discussion autour d’un projet de protocole d’accord bilatéral sur la santé, qui aurait permis d’octroyer 367 millions de dollars au Zimbabwe sur cinq ans pour des initiatives telles que le traitement et la prévention du VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme, la santé maternelle et infantile, ainsi que la préparation aux épidémies.
Aide contre souveraineté
«Nous allons maintenant nous atteler à la tâche difficile et regrettable de mettre fin à notre assistance sanitaire au Zimbabwe,» a déclaré l’ambassadrice des États-Unis au Zimbabwe, Pamela Tremont.
Mangwana a affirmé que l’offre d’aide financière américaine comportait trop de conditions.
«Lorsque l’aide financière est subordonnée à des concessions touchant à la sécurité nationale, à la souveraineté des données ou à l’accès à des ressources stratégiques, cela modifie fondamentalement la nature de la relation, qui passe d’un partenariat à un échange inégal. Cela, nous ne pouvons l’accepter. »
Il n’a pas précisé quelles étaient les ressources stratégiques concernées.
Le Zimbabwe suspend l’exportation de ses minéraux critiques
Le Zimbabwe, producteur de minéraux tels que l’or, le platine et le lithium, a par ailleurs annoncé mercredi la suspension immédiate de l’exportation de tous les minéraux bruts et des concentrés de lithium.
Fin de l’année dernière, un tribunal kenyan avait suspendu un accord de financement de la santé de plus de 1,6 milliard de dollars que le gouvernement avait signé avec les États-Unis, dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée par un groupe de protection des consommateurs, qui s’inquiétait de la sécurité des données de santé des citoyens.
«Cette réflexion continentale croissante ne doit pas être interprétée comme un sentiment anti-américain,» a conclu Mangwana. «Au contraire, il s’agit d’un signe de la maturation de l’Afrique en tant qu’acteur géopolitique, qui aspire à des partenariats fondés sur l’égalité plutôt que sur le paternalisme.»
Avec Reuters
La Zambie dit également non à 1 milliard de dollars de l’administration TrumpLa Zambie a rejeté une aide financière de plus d’un milliard de dollars US, affirmant que les conditions fixées par Washington ne correspondaient pas à ses intérêts nationaux.
Elle rejoint ainsi son voisin, le Zimbabwe, qui a également refusé l’initiative sanitaire de l’administration Donald Trump.
Cette aide vise à lutter contre les maladies dans les pays africains, mais dans de nombreux cas, elle est liée à l’octroi à Washington d’un accès plus large aux ressources minérales et aux données sensibles sur la santé des citoyens des pays africains.





Zimbabwe
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