Réunis à Dakhla pour la 2e édition de l’Africa Future Leaders Day, étudiants, chercheurs et décideurs africains ont posé les bases d’une nouvelle stratégie d’influence du continent. Entre soft power, diplomatie et leadership, la jeunesse africaine affirme sa volonté de peser sur l’échiquier mondial.
Le 27 avril 2026, l’École Supérieure de Technologie de Dakhla, en partenariat avec l’Université Ibn Zohr, a accueilli la deuxième édition de l’Africa Future Leaders Day. Organisé par EPIK Leaders autour du thème «Jeunesse africaine, diplomatie et soft power : construire l’influence de l’Afrique de demain», l’événement a rassemblé un large éventail d’acteurs : étudiants, universitaires, diplomates et responsables institutionnels.
Au cœur de cette rencontre, un constat partagé : l’Afrique doit désormais s’imposer comme un acteur central des dynamiques internationales, en s’appuyant sur sa jeunesse.
Former des leaders complets, au-delà des compétences techniques
Dès l’ouverture, le président de l’association, Mahmoud Cherkaoui, a insisté sur l’évolution des exigences en matière de leadership. Selon lui, les compétences techniques ne suffisent plus.
«Le leadership moderne repose sur un équilibre entre expertise et compétences humaines », a-t-il souligné, évoquant l’importance du marketing, de la communication, du travail collaboratif et du réseautage international.
L’approche d’EPIK Leaders s’articule ainsi autour de trois piliers : apprentissage par la pratique, gamification et networking. Une méthode pensée pour transformer le savoir académique en compétences concrètes, directement mobilisables sur le terrain.
Dakhla, symbole d’une Afrique en mutation
Le choix de Dakhla pour accueillir cette édition n’est pas anodin. Devenue un véritable hub géopolitique, la ville incarne les ambitions africaines en matière de diplomatie territoriale et de soft power.
Pour Moulay Boutal Lembarki, vice-président du Conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab, l’enjeu est clair : repositionner l’Afrique au centre des décisions mondiales. Il a rappelé que « la véritable influence repose désormais sur la culture, le savoir et la capacité à projeter une identité forte.»
Dans cette dynamique, les enseignantes Meriem Sahli et Sahar Saoud ont mis en avant le rôle croissant de la diplomatie parallèle, notamment à travers le sport et la culture, comme leviers du rayonnement marocain à l’horizon 2030.
«L’Éveil des Sentinelles» : un manifeste pour reprendre la parole
Moment fort de cette édition, la présentation de l’ouvrage collectif « L’Éveil des Sentinelles : Regards croisés de la jeunesse africaine sur le Soft Power et la Diplomatie nouvelle » marque une étape importante dans la structuration d’une pensée stratégique africaine.
Ce manifeste s’articule autour de trois axes majeurs :
La diplomatie de proximité et territoriale, illustrée par des villes comme Dakhla ou Kigali, devenues des leviers d’influence régionale.
La reconquête narrative, face à une « guerre des récits » où l’Afrique doit produire ses propres discours, notamment via la culture et le numérique.
Les soft skills au service de la paix, avec une mise en avant de l’empathie et de l’intelligence collective comme fondements d’un leadership éthique.
Dans son introduction, le fondateur d’EPIK Leaders, Dr. Nizar Chaari, résume l’ambition du mouvement : faire émerger une génération capable de préserver l’héritage du continent tout en construisant son avenir technologique et souverain.
Un think tank pour structurer la réflexion africaine
L’événement a également été marqué par le lancement officiel du Think Tank EPIK, dédié au leadership africain. Ce nouveau dispositif vise à prolonger les débats engagés en produisant une réflexion continue sur les enjeux de diplomatie, de gouvernance et d’influence.
Objectif : faire de la jeunesse africaine non seulement une force de proposition, mais aussi un moteur intellectuel durable.
EPIK Leaders, une dynamique panafricaine en pleine expansion
Fondée en janvier 2025, EPIK Leaders s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur de l’accompagnement des jeunes talents africains. À travers ses programmes de formation, de leadership et d’innovation sociale, l’organisation ambitionne de préparer une nouvelle génération de décideurs.
Avec plus de 50 000 membres, 550 clubs actifs et une présence dans plus de 15 pays, le mouvement illustre une montée en puissance rapide — à l’image des ambitions qu’il porte pour le continent.





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