Le changement climatique ne bouleverse pas uniquement les écosystèmes : il recompose aussi, en profondeur, les équilibres familiaux et sociaux. C’est l’un des constats majeurs d’un nouveau projet de recherche lancé à Rabat par le Policy Center for the New South (PCNS), consacré aux liens entre climat, migration et organisation des systèmes de prise en charge domestique en Afrique du Nord et de l’Ouest.
Le Policy Center for the New South a officiellement lancé, le 29 avril 2026 à son siège, le projet «Climate-Care Nexus : Adapting Care Systems to Climate and Migration Pressures in North and West Africa.»
Financé par le Centre de recherches pour le développement international (IDRC/CRDI), ce programme de recherche s’étendra sur trois ans et couvrira quatre pays : le Maroc, le Sénégal, l’Égypte et la Mauritanie.
L’objectif est clair : analyser comment les pressions climatiques et migratoires transforment l’organisation du travail domestique et des systèmes de prise en charge au sein des ménages.
Climat, migration et “care” : des enjeux encore trop cloisonnés
Dans de nombreuses politiques publiques, les questions climatiques, sociales et migratoires sont encore traitées séparément.
Or, les interactions entre ces dynamiques sont désormais centrales : raréfaction de l’eau, dégradation des sols, multiplication des événements climatiques extrêmes… autant de facteurs qui influencent directement les mobilités humaines et la réorganisation des rôles familiaux.
Le projet entend ainsi combler un angle mort majeur des politiques publiques : la manière dont les ménages s’adaptent, au quotidien, à ces pressions cumulées.
Quand le climat reconfigure la vie domestique
Au cœur de l’étude : les systèmes de “care”, c’est-à-dire l’ensemble des tâches liées à la prise en charge des enfants, des personnes âgées ou des personnes dépendantes.
Les chercheurs analyseront comment les crises climatiques et les migrations influencent :
• la répartition des responsabilités au sein des foyers ;
• l’accès au temps de travail rémunéré ;
• les stratégies d’adaptation des ménages ;
• et, plus largement, la résilience sociale des communautés.
L’enjeu est aussi de comprendre comment ces transformations pèsent sur le capital humain et la participation économique, notamment des femmes.
Une méthodologie comparative à grande échelle
Le dispositif de recherche repose sur une approche rigoureuse et harmonisée entre les quatre pays étudiés :
• entre 1 500 et 2 000 ménages interrogés par pays ;
• environ 120 entretiens qualitatifs par contexte national ;
• des outils communs garantissant la comparabilité des résultats.
Cette méthodologie permettra de produire une lecture régionale cohérente des transformations à l’œuvre.
Des résultats attendus pour éclairer les politiques publiques
À l’issue du projet, plusieurs livrables sont prévus :
• quatre rapports nationaux ;
• une étude comparative régionale ;
• une série de publications scientifiques ;
• et un programme de renforcement des capacités.
Au-delà de la recherche académique, l’ambition est d’alimenter directement les politiques publiques, en intégrant les dynamiques de care dans les stratégies d’adaptation climatique.
En mettant en lumière les effets combinés du climat et des migrations sur les structures familiales, ce projet propose un changement de perspective : considérer les systèmes de prise en charge domestique comme un pilier central du développement et de la résilience en Afrique du Nord et de l’Ouest.
Le PCNS, un acteur central de la réflexion sur le Sud global
Institution de référence, le Policy Center for the New South s’est imposé comme un espace de réflexion sur les politiques publiques en Afrique et dans le monde arabe.
À travers ses publications et ses événements internationaux – dont les conférences «The Atlantic Dialogues», «Africa Economic Symposium» et «African Peace and Security Annual Conference» – le centre mobilise chercheurs et décideurs autour des grands enjeux du Sud global.





Maroc
Mauritanie
Sénégal
Égypte

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