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Masques chirurgicaux : les raisons de les réutiliser

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Selon une étude française, les masques chirurgicaux, en gardant leurs propriétés de filtration, restent efficaces contre le virus du coronavirus même après dix lavages en machine.

Une nouvelle qui fera forcément des heureux dans la mesure où il serait un gaspillage de se débarrasser de son masque après quelque quatre heures d’utilisation selon les consignes de spécialistes reçues jusque-là. C’est donc toute la communication autour du port du masque qui est remise en cause.

D’après une étude publiée dans la revue Chemosphere le 11 octobre dernier et relayée par Le Monde, ces pans qui couvrent le bas de nos visages depuis presque deux ans sont encore performants après avoir été lavés. Et ce, même après dix passages en machine.

Pendant un an et demi, un consortium de chercheurs français a travaillé avec des tests en laboratoire, sur la respirabilité et le pouvoir de filtration des masques. D’après Philippe Cinquin, coordinateur scientifique du Centre d’investigation clinique du CHU de Grenoble et co-auteur de cette étude, « les masques chirurgicaux », même lavés, « conservent leur compatibilité avec la norme qui s’applique à eux, en particulier en termes de performance, de filtration, de respirabilité et aussi de propreté » a-t-il assuré sur franceinfo.

Cette norme est d’une filtration bactérienne de 98% des particules comprises entre 650 nanomètres et 7 microns, meilleure encore que celle de ceux en tissus qui n’atteignent que 90% de filtration. 

Mais alors, quand jeter son masque chirurgicale ? Dans Le Monde, le chercheur français invite à s’en débarrasser « quand son apparence montre qu’il est abîmé et qu’il ne s’ajuste plus bien au visage ». Autrement dit, un aspect pelucheux ou encore une barrette nasale brisée. Car le bon ajustement dudit masque du nez au menton conditionne sa conservation et donc, sa réutilisation.

Avec cette démonstration, les chercheurs y voient une réponse à des enjeux économiques de taille. En France, selon les chiffres de l’institut Nielsen, il s’est vendu pour 300 millions d’euros de masques chirurgicaux dans la grande distribution, entre mai et août 2020. Un chiffre colossal en quatre mois seulement alors que le port du masque est appelé à se prolonger.

Philippe Cinquin pointe aussi du doigt un intérêt écologique. Toujours selon le scientifique, « la proportion de plastiques correspondant à ces masques chirurgicaux représente 1% de tout le plastique en France », explique-t-il à nos confrères de franceinfo.

Reste un point crucial pour généraliser cette démonstration en laboratoire : convaincre les autorités sanitaires. À ce jour, les masques chirurgicaux ont un statut de dispositif médical à usage unique qui leur interdit strictement toute réutilisation. Notamment, pour des raisons d’hygiène en milieu de soin.

Avec France Info

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