Le présentateur et écrivain est mort à l’âge de 89 ans, a annoncé sa famille à l’AFP, ce lundi 6 mai
Bernard Pivot, ancien président de l’Académie Goncourt (2014-2019), auteur, présentateur d’Apostrophes est décédé à l’âge de 89 ans, à Neuilly-sur-Seine, a annoncé sa fille, Cécile Pivot, à l’AFP ce lundi 6 mai 2024.
Apostrophes, dictée, Goncourt, voilà en 3 mots résumé une vie dédiée à l’amour des livres et de la langue. C’est un vendredi soir de janvier 1975 que Bernard Pivot s’invite dans le salon des Français avec la première des 724 émissions d’Apostrophes.Le rendez-vous reste inégalé, l’émission séduira 2 à 3 millions de téléspectateurs chaque semaine pendant 15 ans.
Apostrophes dure quinze ans, de 1975 à 1990, et certains extraits ont toujours un gros succès sur internet. Ainsi, quand a surgi en janvier 2020 l’affaire Gabriel Matzneff, auteur qui a bénéficié d’une grande complaisance alors qu’il avait des relations sexuelles avec des mineures, une émission de mars 1990 dont l’écrivain était invité a été largement commentée. Avec 30 ans de recul, la séquence choque.
Premier journaliste à intégrer l’académie Goncourt
Bernard Pivot, qui avait eu 89 ans dimanche, avait commencé sa carrière par un stage au Progrès à Lyon avant de travailler au Figaro Littéraire en 1958. Lorsque l’hebdomadaire est supprimé en 1971, Bernard Pivot devient le rédacteur en chef du Figaro qu’il quitte trois ans plus tard après l’arrivée de Jean d’Ormesson. Bernard Pivot passe aussi à la radio dont RTL dans les années 1980.
Un livre à la main, sa paire de lunettes dans l’autre, Bernard Pivot avait également présenté l’émission Bouillon de culture et organisé à partir de 1985 les Dicos d’or, championnat d’orthographe vite devenu international.
En 2004, Bernard Pivot est le premier journaliste à intégrer l’académie Goncourt dont il deviendra le président jusqu’en 2019. Mais, la plus grande fierté de celui qui aimait à se présenter comme un militant de l’augmentation du goût de la vie restera d’être entré dans le Larousse.
En avril 2023, il confiait auprès du JDD être malade : « J’ai quitté le Goncourt en décembre 2019. Mes ennuis de santé ont commencé tout de suite après, en janvier 2020. » Resté silencieux après une hospitalisation en 2022, il expliquait : « Le mal m’a frappé à la tête, siège du cerveau et de la parole. Mieux vaut se taire en attendant que la mémoire se recharge et que la pensée refleurisse.«
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