Le président rwandais Paul Kagame est arrivé hier dimanche 24 avril en Ouganda pour sa première visite en quatre ans, signe supplémentaire d’un rapprochement entre ces deux pays voisins, jadis alliés mais qui étaient en froid depuis plusieurs années. Kampala et Kigali s’accusent mutuellement de tentative de déstabilisation.
Le chef de l’Etat rwandais rencontrera son homologue ougandais Yoweri Museveni, 77 ans, pour des entretiens qui actent le dégel diplomatique entre Kigali et Kampala.
Officiellement en visite privée, Kagame a néanmoins été notamment reçu par Muhoozi Kainerugaba, 48 ans, fils et conseiller spécial de Museveni et le ministre ougandais de la Sécurité Jim Muhwezi.
Kainerugaba serait pressenti pour succéder à son père malgré ses dénégations. Sa surprenante ascension à la tête de l’armée ougandaise dont il dirige les forces terrestres ferait de lui le dauphin désigné de son père, selon les analystes. Ses discussions avec le chef de l’Etat rwandais ont notamment conduit à la réouverture de la frontière terrestre en janvier dernier, qui avait été brusquement fermée en 2019 en pleines tensions entre les deux pays.
La visite de Kagame à Kampala intervient quelques semaines après que l’Ouganda a annoncé l’expulsion d’un membre de premier plan du Congrès national rwandais, parti d’opposition rwandais que Kigali considère comme une organisation terroriste. La présence en Ouganda des opposants cherchant à renverser Kagame empoisonne depuis longtemps les relations entre les deux pays.
La dernière visite du président rwandais en Ouganda remontait à mars 2018. Paul Kagame et Yoweri Museveni ont été de proches alliés durant les années 1980-1990, dans la conquête du pouvoir dans leurs pays respectifs, avant de devenir de farouches rivaux, s’accusant mutuellement d’espionnage, d’enlèvements et de soutien à des groupes rebelles.
![Tribune | La carte des fractures : le nexus séparatisme-exclusion -instabilité politique et risque terroriste [Par Pr. Hzaine El Hassane] Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Les-chefs-des-agences-de-lutte-contre-le-terrorisme-se-reunissent-a-El-Jadida-320x180.jpg)




Ouganda
Rwanda
