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La REM vire complètement à droite !

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En France, Emmanuel Macron met ses troupes en ordre de bataille pour la présidentielle de 2022. C’est la lecture que plusieurs analystes politiques de l’Hexagone et d’ailleurs ont eu du remaniement ministériel du lundi 6 juillet 2020. 

Les municipales organisées en pleine pandémie de maladie à coronavirus (Covid-19) ont sonné comme une première alerte. Le triomphe d’Europe Ecologie Les Verts dans plusieurs grandes villes de France et les scores honorables du Parti socialiste ont poussé Macron à se séparer de son Premier ministre Edouard Philippe, pourtant bien réélu au Havre, et d’une bonne partie de son équipe.

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A deux ans de la présidentielle qui lui permettra de briguer un second mandat, Macron choisit de mettre un terme à l’équilibrisme qui a été une option gagnante lors du scrutin de 2017. Fini le «ni gauche ni droite» qui a donné à La REM cette capacité de remporter la majorité absolue aux législatives des 11 et 18 juillet de la même année. Le parti est classé du centre gauche au centre droit de l’échiquier politique français et parfois présenté comme un parti attrape-tout.

Avec la percée spectaculaire de la gauche, Macron a compris que le bon risque pour 2022 est de tout miser sur la droite. Aussi, cette volonté d’engager la bataille dès maintenant justifie sans doute le renoncement de Macron à un gouvernement resserré qui n’aurait pas permis de ratisser large, en convoquant des proches des anciens présidents Chirac et Sarkozy. Du côté de Les Républicains(LR), on dénonce cette volonté délibérée de diviser pour régner. 

Pour rester à l’Elysée en 2022, «il faut que tout change pour que rien ne change.» Pour résister à la fulgurance  d’une gauche à laquelle il ne manque que la force de se recomposer, La REM devrait accepter d’inévitables changements dont le plus prégnant est le remodelage du ministère de l’Economie. La relance devient une thématique payante dans l’après Covid-19. Bruno Le Maire, reconduit, a l’obligation d’aller au-delà de sa principale réforme, la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises (dite «loi PACTE») adoptée en avril 2019.

Avec des prévisions portant sur la destruction de près d’un million de postes, donc à une hausse du chômage, l’emploi devient le corollaire de la relance. Le coronavirus pourrait bien continuer à jouer les trouble-fêtes en impactant le PIB d’au moins – 0,5 point en 2020. 

La santé est le troisième terme auquel le nouveau Premier ministre Jean Castex fait allusion quand il déclare, à la veille de la composition de son équipe, que «le gouvernement doit être efficace» en engageant rapidement une «relance économique, écologique et sociale». Dans cet agenda qui demande à «agir vite», le Premier ministre dit vouloir conclure, avant la fin de juillet, le Ségur de la Santé destiné à renflouer l’hôpital public. Il faut juguler les craintes des professionnels de la santé, aucun chiffre n’ayant été évoqué jusque-là, notamment pour les hausses de salaires.

Mais si Macron peut déplacer les hommes comme sur un échiquier, la maîtrise des éléments est peu probable dans un contexte de crise économique mondiale ayant provoqué des replis identitaires semblables, en Europe et dans une bonne partie de l’Afrique, à «l’America First» (l’Amérique d’abord), un slogan du président américain Woodrow Wilson, lors de sa campagne pour sa réélection en 1916, remis au goût du jour par Trump.

Si au plan intérieur Macron veut rivaliser avec les écolos en dansant  sur le même air qui leur a permis de ressusciter politiquement lors des élections municipales, et garder un œil sur une Marine Le Pen, probable championne du RN en 2022, qui pointe aujourd’hui devant lui, selon les sondages, il doit aussi se préparer à faire face à des «guerres» sans fin en dehors du territoire français. 

La France ira seule, par exemple, en rétablissant la taxe sur les GAFA, prenant le risque d’un retour de bâton déjà annoncé par Trump. En Libye, elle s’oppose à la Turquie, malgré le statut de membres de l’Otan qui leur intime plutôt de coopérer. En Europe même, le Fonds pour la relance divise, avec un budget révisé à long terme de l’UE de 1 100 milliards d’euros pour la période 2021-2027 et un renforcement temporaire de 750 milliards d’euros (Next Generation EU). 

En Afrique, beaucoup de chefs d’Etat seraient heureux de cheminer encore avec un président français qui n’a pas l’âge de leurs indépendances (Macron aura 44 ans en 2022) mais leur avis ne compte pas. Seule la politique intérieure dans les domaines que le Français moyen juge prioritaires fera fluctuer, sur les deux ans à venir, la valeur présidentielle par de l’actuel occupant de l’Elysée.

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