Tous les éditos d'Afrimag - Page 3

En témoignent les récentes commandes réalisées par les grands constructeurs : Airbus, Leonardo ou autres Bell ou Sikorsky qui ont démontré le regain d’intérêt pour un engin dont on a beaucoup de mal à se passer. Le meilleur score a été fait par Airbus Hélicoptères avec 118 commandes dont 63 fermes lors du dernier salon Verticon tenu mi-mars à Dallas. Le redémarrage s’était d’ailleurs fait sentir dès 2024 avec 455 commandes de ces appareils rien que pour Airbus Hélicoptères soit plus qu’en 2019, le tout pour 182 clients répartis dans 42 pays.

Devant la puissante offensive des écologistes qui trouvent cet engin trop bruyant, trop consommateur de carburant et surtout réservé aux plus fortunés, au moins dans l’usage transport privé, on se prenait à imaginer la fin de ce mode de transport, d’autant plus que son remplaçant semblait prêt à prendre la relève, je veux parler du eVTOLs (Electric Vertical Take Offand Landing) paré de toutes les vertus. Il faut bien reconnaître que les dernières nouvelles ne sont pourtant pas très optimistes quant au remplacement des hélicoptères

Une semaine auparavant un Embraer 190 de la compagnie Azerbaïdjan Airlines a été frappé par un missile tiré semble-t-il par une batterie antiaérienne russe par erreur. Cela nous ramène au premier défi du transport aérien, la sécurité des vols. Ces deux accidents si différents tant par leur cause que par leur environnement prouvent que la sécurité n’est jamais complètement assurée en dépit des extraordinaires progrès enregistrés dans ce domaine.

Cette année encore de nombreux défis attendent le transport aérien. Celui-ci a d’ailleurs terminé 2024 de manière bien triste avec le crash de la compagnie sud-coréenne Jeju Air qui a fait 179 morts suite, si on a bien compris les premières investigations, à une ingestion d’oiseaux et l’explosion de l’appareil, un Boeing 737-800 contre un mur en fin de piste alors que l’équipage n’avait pas réussi à sortir le train d’atterrissage. Voilà vraiment une accumulation de malchances que l’enquête pourra sans doute fournir les explications puisque les boîtes noires ont été retrouvées

C’est faux me direz-vous et vous aurez raison. Le premier vol commercial a eu lieu en Floride en… 1914 et avant la deuxième guerre mondiale de grandes compagnies telles que Pan Am, Air France, Imperial Airways et d’autres sillonnaient déjà le ciel et avaient tracé d’importants réseaux internationaux. Pan Am, par exemple traversait le Pacifique avec des hydravions géants et les opérateurs européens allaient jusqu’en Australie et dans nombre de pays asiatiques et africains. Alors pourquoi dater le transport aérien de 1944 ?

Est-ce une raison pour ne rien faire ? Certainement pas. Le secteur aérien a d’ailleurs pris le problème à bras le corps depuis au moins une bonne vingtaine d’années. Les appareils actuels sont beaucoup moins gourmands en carburant et en émanations sonores. En dépit des cris d’orfraie de certains apôtres de l’écologie, le transport aérien ne les a pas attendus pour travailler sur cette question, ne serait-ce que parce que cela est rentable. Moins les appareils consomment de carburant fossile et plus le secteur est profitable.

C’est une affaire entendue : la decarbonation totale du transport aérien en 2050 ne sera pas possible. En effet les quelque 14.000 appareils actuellement en commande, seront livrés entre 2025 et 2035 et ils ont une durée de vie d’au moins 30 ans. Or ils sont construits avec une technologie qui génère encore du CO² et la production de SAF (Sustainable Aviation Fuel) sera largement insuffisante pour assurer un transport aérien décarboné