Le Département d’Etat a annoncé jeudi 30 avril que Washington a décidé de sanctionner l’ex-président Joseph Kabila, «pour son soutien au mouvement de rébellion du M23 soutenu par le Rwanda, et pour avoir alimenté l’instabilité politique dans les provinces du Grand-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un communiqué, le département du Trésor américain (ndlr : l’équivalent du ministère des Finances) indique que « le M23 et sa branche politico-militaire, l’Alliance du fleuve Congo (AFC), avaient attisé un conflit violent dans l’Est de la RDC, entraînant la mort de milliers de civils et une crise de déplacement massif de populations.» Les sanctions imposées par l’Office de contrôle des avoirs étrangers du Trésor, impliquent le gel de tous les avoirs détenus par Kabila aux Etats-Unis et l’interdiction de toute transaction au sein du système financier américain, c’est-à-dire, l’impossibilité pour les entités liées à l’ex-président congolais, de réaliser les transactions en dollar.
Pour le Trésor américain, il ne fait aucun doute que Kabila apporte un soutien financier aux rebelles tout en encourageant les soldats de l’armée régulière via ses relais (des officiers infiltrés), à faire défection et à rejoindre le M23. A Kinshasa, les autorités jubilent. Les sanctions américaines envers Joseph Kabila confortent leurs accusations : Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a salué ce qu’il qualifie de «mesure américaine attendue depuis longtemps contre Kabila ; il est l’instigateur, l’initiateur, l’architecte de la déstabilisation de notre pays», a-t-il déclaré.
La mise en garde de Scott Bessent
La décision du Trésor américain de sanctionner Kabila s’inscrit dans une démarche plus large visant à préserver l’accord de paix négocié par les Etats-Unis et signé par le Rwanda et la RDC à Washington en décembre dernier, un accord qui s’est effondré peu après sa signature. Des représentants de Kinshasa et Kigali se sont rencontrés à nouveau à Washington au mois de mars et ont convenu de prendre des mesures pour apaiser les tensions et relancer le processus de paix.
Le Trésor a également imposé en mars des sanctions aux Forces de défense rwandaises et à de hauts responsables militaires de Kigali en raison de leur rôle dans les combats en cours dans l’Est de la RDC et a exigé leur retrait immédiat de cette région riche en minéraux. «Le président Trump ouvre la voie à la paix en République démocratique du Congo et a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront répondre de leurs actes», a prévenu le Secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un communiqué. «Le Trésor continuera d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour garantir l’intégrité des accords de Washington.»





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