Tous les articles qui parlent de Ethiopian Airlines

Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.

La situation n’est pas simple et les revirements permanents des acteurs interdisent de faire des prévisions quant à la sortie de crise. La complexité est d’autant plus importante pour le transport aérien que ce conflit vient se rajouter à la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui est entrée dans sa cinquième année. On n’en finit pas. Il est tout de même curieux que les belligérants aient autant de peine à se mettre autour d’une table pour trouver un accord puisqu’à la sortie, ils seront bien obligés de le faire. Les conséquences pour les compagnies aériennes ne sont pas anodines.  

Et pourtant, ce secteur d’activité est encore loin de sa maturité. Les causes en sont multiples. D’abord la résistance des Etats à l’ouverture de leur espace aérien afin de protéger leur compagnie nationale. Les conventions signées ne sont pas respectées en dépit des déclarations triomphales qui marquent la fin des réunions. Ensuite un manque flagrant de capitaux. Le transport aérien est un gros demandeur de fonds propres et les Etats, pour la plupart propriétaires de leur transporteur national freinent pour financer les équipements. Et puis il faut bien mentionner la corruption qui règne dans nombre de pays ce qui limite l’accès de l’argent au bon endroit.

Si un continent a bien besoin du transport aérien, c’est bien l’Afrique. Les distances à parcourir sont importantes et les infrastructures au sol relativement faibles et souvent en mauvais état. Raison supplémentaire pour les aspects sécuritaires car ce continent est encore traversé par de nombreuses luttes intestines. J’ajouterai que le taux de croissance africain est l’un des plus élevés au monde et que sa population très jeune est avide de progrès. Bref, tout se conjugue pour que le transport aérien y trouve une place comme nulle autre part ailleurs dans le monde

Le PDG, Mesfin Tasew, a déclaré que la compagnie avait réalisé un chiffre d’affaires de 4,4 milliards de dollars US de recettes au cours des six premiers mois de son exercice financier. Ethiopian Airlines dispose d'une flotte d'environ 150 appareils. Le mois dernier, elle a annoncé une commande auprès de Boeing de neuf avions 787 Dreamliner face à la croissance du trafic-passagers long-courriers. La compagnie a également finalisé l'achat de 11 avions monocouloirs 737 MAX.

Le management de la plus grande compagnie aérienne du Continent a révélé mardi 10 février lors d’une conférence de presse que son chiffre d'affaires du premier semestre (du 8 juillet 2025 au 7 janvier 2026) avait augmenté de 14 % par rapport à la même période de l’exercice précédent, grâce à l'introduction de nouvelles destinations, à l'augmentation du nombre de vols et à l'extension de sa flotte par l’acquisition de sept nouveaux avions.

C’est ainsi que d’énormes ensembles se sont créés, d’abord aux Etats Unis avec l’émergence de trois gigantesques groupes : American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines. L’Europe a suivi le même chemin et Lufthansa Group, IAG et Air France/KLM ont été créés au début des années 2000. La même stratégie se poursuit en Afrique avec la main mise par Ethiopian Airlines sur des compagnies en difficulté au Togo, Congo Kinshasa, et peut-être en Tanzanie. L’Asie arrive avec le rachat d’Asiana par Korean Air ou la fusion des transporteurs indiens Air India et Vistara.

C’est une constante dans le transport aérien depuis que les compagnies aériennes ont accepté de coopérer en échangeant leurs billets au travers des accords «Interline» qui datent de 1948 si ma mémoire est bonne. Mais depuis que ce secteur d’activité est entré dans le monde concurrentiel, les compagnies se rapprochent les unes des autres non seulement par des accords, mais surtout par des prises de participation et, voire même, des rachats.

Sa prise en compte a changé l’environnement du transport aérien qui jusqu’à présent devait évoluer en se concentrant sur son économie et sa sécurité.Voilà de quoi occuper l’esprit de tout dirigeant. Il faut maintenant y ajouter cette nouvelle contrainte qui, sans qu’on l’ait vraiment vue arriver, influence de plus en plus l’écosystème dans lequel tout transporteur doit évoluer. Aucun programme d’exploitation ne peut être envisagé sans en tenir compte. Elle influe jusqu’aux compositions de flottes et bien entendu aux lignes à desservir. Et elle ne fera que s’accentuer dans les années à venir

Il est un poste dont rêvent tous les salariés ambitieux du transport aérien, celui de Président Exécutif d’une compagnie aérienne. Et pourtant, à la réflexion est-ce un métier si enviable ? Les contraintes aussi bien internes à l’entreprise que reliées à son environnement, au milieu desquelles il doit évoluer, peuvent rendre la vie impossible. Les lister est un vrai casse-tête, mais on peut au moins esquisser les plus voyantes.

«Nous sommes heureux de nous associer à la Banque africaine de développement pour obtenir le financement nécessaire au développement de cette infrastructure aéronautique emblématique. La signature de cette lettre marque une étape décisive vers la réalisation d'une passerelle panafricaine de classe mondiale qui stimulera le commerce intra-africain, l'intégration régionale, le tourisme et la connectivité mondiale. Le groupe Ethiopian Airlines continuera de jouer un rôle moteur dans le développement du secteur aéronautique sur le continent,» a déclaré Mesfin Tasew, PDG du groupe Ethiopian Airlines.

Le groupe Ethiopian Airlines et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé le 11 août 2025 un accord historique pour la construction d’un mega aéroport. Situé à Bishoftu, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale, Addis-Abeba, cette infrastructure aéroportuaire annoncée comme la plus grande d’Afrique va coûter 10 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) et pourra accueillir à terme 110 millions de passagers par an, a affirmé la BAD.