La Banque nationale d’Angola -BNA- (ndlr : la Banque centrale) a donné son feu vert afin que les banques commerciales détiennent une partie de leurs réserves en devises en yuan chinois. La devise chinoise rejoint ainsi le dollar, l’euro et le rand sud-africain parmi les devises éligibles, selon une directive de la Banque nationale d’Angola datée du 2 juillet.
L’initiative de la Banque centrale angolaise est inédite sur le continent. Il s’agit d’une première car, jusqu’à présent, ce sont les banques centrales africaines qui signent des accords de swap avec la Banque centrale de Chine.
Les réserves obligatoires que les banques déposent auprès de l’Institut d’émission servent à garantir la stabilité financière du pays et de gérer la liquidité du marché bancaire. En y ajoutant le yuan, les autorités monétaires angolaises alignent les règles prudentielles à la géographie du commerce extérieur du pays. En effet, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Angola. Pékin est le principal débouché des exportations pétrolières de l’Angola et son premier créancier. Pékin a prêté à Luanda près de 42 milliards de dollars depuis une vingtaine d’années pour financer les infrastructures. Ces prêts représentent 40 % de l’encours de la dette extérieure angolaise.
Luanda cherche toutefois à réduire son exposition. La dette adossée au pétrole contractée auprès de la Chine devait retomber entre 7,5 et 8 milliards de dollars à la fin de 2025, contre plus de 10 milliards auparavant.
L’injection du yuan dans les réserves obligatoires en devises de banques, s’inscrit dans une tendance observée dans les pays membres des BRICS dont les gouvernements cherchent à réduire leur dépendance au dollar. Mais pour l’instant, cette volonté de dédollarisation n’a pas remis en cause la domination de la devise américaine qui pèse encore pour près de 60% des réserves en devises des banques centrales.
Le dollar demeure, de loin, la principale monnaie de réserve et d’échange à l’échelle mondiale. Les réserves de change de l’Angola sont évaluées à 15,8 milliards de dollars selon un décompte de fin avril 2026. L’essentiel est libellé en dollar.





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