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Je me pose cette question chaque fois que je vois une compagnie en racheter une autre. C’est peut-être la règle de la vie mais, pour tout dire, je n’en vois pas toujours l’utilité. Dernièrement la compagnie turque Pegasus Airlines a acheté le transporteur national tchèque Czech Airlines après avoir d’ailleurs par le passé acquis la «low costs» de ce pays : Smart Wings. Certes le transporteur turc se porte bien et son gouvernement fait tout pour développer son transport aérien à la notable différence avec les autorités européennes.
Il semble bien que l’indépendance d’ITA (Italia Transporti Aerea SpA), qui a pris la suite…
Le transport aérien italien suscite toujours autant de convoitises mais pour autant toutes les tentatives pour le contrôler ont jusqu’à présent échoué. En fait cela concerne pour l’essentiel le trafic international car le transport domestique est passé dans les mains des compagnies « lowcosts » au premier rang desquelles Ryanair suivie par EasyJet. Tout cela parce que la compagnie nationale n’a pas été en mesure de défendre ses positions, rongée par des voltes faces successives liées aux nombreuses alternances gouvernementales. Il est cependant frappant de constater que la plupart des responsables gouvernementaux italiens ont cherché à se débarrasser d’un fardeau qu’ils n’arrivaient plus à porter sans pour autant se décider à aller au bout de leurs démarches. C’est ainsi que, du temps pas si lointain defeue Alitalia, des rapprochements ont été tentés avec KLM et Air France en 2001, Aéroflot en 2007, puis Air France encore en 2007, puis en 2011 un essai de fusion avec toujours Air France/KLM avant de laisser Etihad Airways prendre jusqu’à 49 % de la compagnie en 2014. Et je passe sur d’autres tentatives avortées dès le début des discussions, comme par exemple avec Lufthansa. Toutes les prises de participations n’ont pas permis de sauver une compagnie pourtant très prospère pendant les années 1970. Elle était à l’époque un des acteurs majeurs européens pour le transport international en opérant jusqu’à 186 appareils. Alors il a fallu se rendre à l’évidence sous la pression des autorités européennes lassées de voir l’état italien renflouer les caisses toujours vides par des prêts jamais remboursés. Et c’est ainsi que ITA (Italia TrasportoAereo Spa) a été créée en 2020 et qu’elle a repris les actifs et l’exploitation d’Alitalia en octobre 2021 en opérant une flotte d’une soixantaine d’avions. Et depuis, la danse du ventre a recommencé. Le gouvernement italien qui possède ITA n’a pas caché son intention de céder la compagnie. Et les candidats ne se sont pas fait attendre. Dès le 14 janvier 2022, Lufthansa et la compagnie de croisières suisse MSC ont fait une première offre de rachat complet, laquelle a été refusée par l’état italien qui souhaitant conserver un œil sur son transporteur national. Moins de deux mois après, le 10 mars 2022,un consortium composé d’Air France, Delta Air Lines et du fonds Certares proposait de prendre une forte participation minoritaire, seulement Air France était bloquée par les règles européennes qui obligent d’abord la compagnie à rembourser les prêts consentis par l’état pendant la traversée du Covid. Lufthansa est alors revenue le 31 août avec une proposition minoritaire qui a été refusée par le nouveau gouvernement. Et finalement le 19 janvier 2023, le transporteur allemand est revenu avec une nouvelle proposition plus minoritaire mais avec la possibilité de racheter l’intégralité d’ITA. Il semblerait que les pouvoirs publics transalpins soient enclins à accepter une telle offre, d’autant plus que Lufthansa a fait savoir que si celle-ci n’était pas retenue, elle porterait son intérêt sur TAP le transporteur portugais voire même sur SAS la compagnie scandinave en grande difficulté. Voilà où on en est. Et je me demande pourquoi faire preuve d’un tel acharnement pour prendre le contrôle d’ITA car ce n’est certainement pas dans l’intérêt de cette dernière, mais uniquement dans l’idée de capter le marché international italien pour le faire transiter par des aéroports étrangers. C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement est si réticent à boucler une opération dont le pays ne sortira certainement pas gagnant. Deux tentatives précédentes de rapprochement avec des transporteurs étrangers ont échoué. Air France qui avait pris toutes les précautions pour préserver l’amour propre italien n’a jamais pu réussir à organiser les opérations d’Alitalia en coordination avec les siennes. Il n’a jamais été possible par exemple d’unifier les systèmes de réservation et d’enregistrement. Etihad Airways de son côté s’est ruinée à injecter de l’argent pour passer les fins de mois sans rien obtenir, sauf à la marge, du marché italien vers l’Asie ou l’Afrique. Il faut tout de même reconnaître que la très forte culture italienne a beaucoup de peine à se marier avec une autre, fût-elle proche d’elle comme la française. Reconnaissions que Lufthansa a parfaitement réussi son coup en reprenant Swiss après le désastre de Swissair et Austrian Airlines. Mais ces deux transporteurs sont de culture germanique, ce qui simplifie beaucoup les échanges. Les relations sont beaucoup plus difficiles avec les belges de SN Brussels. Au fond, on se demande encore pourquoi avec une flotte de 60 appareils qui va rapidement passer à une centaine et un marché international très dynamique ITA ne pourrait pas s’en sortir toute seule. Après tout nombre de transporteurs font du profit sans pour autant disposer des mêmes atouts.
Cela n’a pas trainé en Italie. Dès que les élections ont amené au pouvoir une…
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![Édito | Fin de partie pour ITA ? [Par Jean-Louis Baroux] En fait on se demande toujours pourquoi l’Etat italien, le propriétaire, est toujours décidé à céder son transporteur national d’autant plus qu’après un démarrage dans des conditions terriblement difficiles, il a réussi son décollage au point d’atteindre la rentabilité alors que tout le monde le voyait perdu. Il semble bien que les responsables de l’Union européenne aient fait une énorme pression sur le gouvernement Italien pour que son investissement de 1,35 milliard d’euros destiné à récréer une compagnie de rang international soit autorisé uniquement s’il acceptait de la céder au plus tôt. Or, comme personne ne souhaitait parier sur la réussite de la nouvelle compagnie, cette obligation arrangeait finalement tout le monde.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2024/11/ITA--450x208.jpg)


