Donald Trump a lancé mercredi 23 septembre une attaque désinhibée contre les Nations unies comme contre l’Europe, appelant le monde entier à suivre son agenda anti-immigration et climato-sceptique.
Donald Trump assure que les pays européens « vont en enfer » à cause de l’immigration
En 2018, le discours plein de vantardise du président américain avait suscité des rires parmi les délégués étrangers réunis pour l’Assemblée générale de l’ONU à New York.
Cette fois, c’est dans un silence presque complet que le milliardaire de 79 ans s’est félicité d’avoir lancé un « âge d’or » de l’Amérique, a énuméré ses succès économiques et a assuré avoir mis fin à « sept guerres, » en faisant une liste hétéroclite de conflits pour certains déjà anciens.
La plupart des dirigeants occidentaux n’ont plus le cœur à rire depuis le retour au pouvoir du républicain, qui a lancé une vaste offensive protectionniste, remis en cause les alliances traditionnelles des Etats-Unis et taillé dans l’aide internationale. Donald Trump a d’ailleurs reproché aux Nations unies de ne pas l’avoir aidé dans ses diverses entreprises de paix, dans une allocution au ton parfois franchement moqueur.
Panne de téléprompteur
« Les deux choses que j’ai eues des Nations unies, c’est un escalier mécanique défaillant et un téléprompteur défaillant, » a ironisé le président des Etats-Unis, en référence à des problèmes techniques autour de son intervention au siège de l’ONU.
Il a aussi reproché à l’institution de « financer une attaque contre les pays occidentaux et leurs frontières, » en faisant référence à l’aide financière que l’ONU a fournie aux migrants dans le besoin.
Le président américain, qui a lancé une vaste opération d’expulsion d’immigrés en situation irrégulière, a promis aux pays européens qui ne feraient pas de même qu’ils iraient « en enfer. »
Le changement climatique : « plus grande arnaque »
Il a aussi attaqué l’Europe pour ses politiques de transition énergétique, en qualifiant le changement climatique de la « plus grande arnaque » jamais menée dans le monde.
« Toute cette idée mondialiste qui demande à des pays industrialisés de se nuire à eux-mêmes et de bouleverser leurs sociétés doit être rejetée, » a-t-il poursuivi.
Donald Trump, qui semblait surtout décidé à faire la leçon au monde entier, est passé assez rapidement sur les conflits qui ensanglantent la planète.
Ukraine et Gaza
Il a déclaré que la reconnaissance d’un Etat de Palestine constituerait une « récompense » pour les « atrocités » commises par le Hamas.
La France s’est ajoutée à quelque 150 autres pays s’inscrivant déjà dans ce mouvement historique, mais à la portée avant tout symbolique.
Donald Trump a aussi reproché à l’Inde et à la Chine d’être « les premiers soutiens financiers » de la machine de guerre russe en Ukraine.
Une réunion du Conseil de sécurité a été consacrée ce mardi à ce conflit, en pleine impasse des efforts diplomatiques pour mettre fin à l’invasion russe.
Quant aux Européens, « ils doivent immédiatement arrêter tout achat d’énergie russe, » a ajouté le président américain, qui a aussi répété sa menace de dures sanctions contre Moscou, jusqu’ici jamais mise en oeuvre.
S’exprimant avant ce discours aux accents souverainistes, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est employé à promouvoir une conception opposée de l’ordre mondial.
Pour lui, le monde doit réaffirmer « l’impératif du droit international, » « la centralité du multilatéralisme » et « renforcer la justice et les droits humains. »
Trump et Lula
Donald Trump aura à New York des entretiens bilatéraux avec ses homologues ukrainien Volodymyr Zelensky et argentin Javier Milei, en plus d’organiser une réunion avec les dirigeants de plusieurs pays musulmans (Qatar, Arabie saoudite, Indonésie, Turquie, Pakistan, Egypte, Emirats arabes unis et Jordanie).
La guerre dans la bande de Gaza fera l’objet ce mardi d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, mais en l’absence d’Israël qui a déploré qu’elle se tienne en plein Nouvel an juif.
Avant Donald Trump, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait pris la parole, jugeant que son pays avait envoyé un message au monde en condamnant l’ex-président Jair Bolsonaro pour complot visant à renverser le gouvernement, défiant ainsi les pressions exercées par les Etats-Unis.
« Le Brésil a envoyé un message à tous les aspirants autocrates et à ceux qui les soutiennent : notre démocratie et notre souveraineté ne sont pas négociables, » a affirmé le dirigeant brésilien.
Donald Trump a lui annoncé qu’il rencontrerait son homologue brésilien la semaine prochaine. Il l’avait accusé de mener une « chasse aux sorcières » contre l’ex-dirigeant d’extrême droite.
Avec AFP





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