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Tribune.  Gestion du Covid-19 au Congo-Brazzaville : un plus haut degré de responsabilité

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Par Isaac SONIT,
Lauréat de la Fondation Perspectives d’Avenir & Ingénieur en Génie Industriel.

 

 

Imprévisible, violent, en plus d’endeuiller des familles et de ralentir l’économie, la pandémie du Covid-19 révèle notre fragilité sanitaire et sociale. Aujourd’hui, le confinement apparait comme la principale mesure de lutte contre la pandémie.

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Isaac SONITCependant, ce confinement a des conséquences néfastes au moins aussi graves que les dégâts sanitaires, économiques et sociaux (problèmes financiers, violences domestiques, addictions en tout genre, dépression,…). D’ailleurs, la question des inégalités sociales face au confinement est un problème majeur, de même que, faire l’école à distance est un difficile défi intellectuel, technologique et psychologique pour beaucoup d’élèves, de parents et éventuellement les ministères. A ce titre, certains à l’intérieur du pays ne parviennent pas suivre le rythme.

Le Gouvernement a pris des mesures certes courageuses et justes, mais qui ralentissent malheureusement les activités du secteur informel. A lui seule, le secteur informel constitue une économie réelle nécessaire à la survie de nos concitoyens. De plus, les activités formelles connaissent les effets du confinement, créant ainsi des plans multiples de chômage partiel en masse et exposant les salariés concernés à des programmes de licenciement.

Pays de rente, les recettes en devises sont sévèrement amoindries par la réduction de la demande de matières premières, ce qui a conduit le Gouvernement à procéder à la révision de la loi de finances 2020 en cours d’exécution. Il faut même craindre que l’exploitation du pétrole connaisse des problèmes de rentabilité qui fassent douter les investisseurs.

Dans ce contexte, l’aide extérieure devient cruciale pour combler nos insuffisances, car le monde de l’après-seconde guerre mondiale s’est construit sur l’idée que les pays riches devaient aider les pays pauvres à impulser leur processus de développement. Mais contrairement au passé, nos partenaires occidentaux doivent eux aussi, en cette période du Covid19, faire face aux mêmes défis bien que structurellement différents.

Dans un élan de solidarité, nous avons enregistré un don numéraire de la France par le biais de l’AFD (Agence Française de Développement), bien que louable, nous devons compter d’abord sur nous-mêmes, faire appel à notre intelligence, à notre capacité créatrice afin de trouver un équilibre entre protection sanitaire et relance de l’économie locale et pourquoi pas, réinventer l’économie en fonction de nos atouts.

Dans cette perspective, il faut au préalable un déconfinement effectif dans la durée avec une sensibilisation et fixation de règles strictes, une initiation à de nouvelles pratiques, de nouveaux dispositifs de sécurités dans les entreprises, services publics, écoles et universités.

Certes, lorsqu’on n’est pas en responsabilité, on a le privilège d’occuper le ministère de la parole ; mais dans une urgence sanitaire, sociale et économique nous devons faire bloc autour des propositions constructives dans l’optique d’apporter sa pierre à l’édifice. Par cette tribune :

1- Faire preuve de la plus grande responsabilité.

A l’épreuve, le Gouvernement et les pouvoirs publics n’ont pas de choix que de démontrer le plus haut degré de responsabilité dans la gestion de cette crise sanitaire. La responsabilité tant prônée par le président, doit se traduire dans un premier temps, par la mise en œuvre efficace des mesures stratégiques édictées par le Chef de l’Etat dans une bonne et transparente gestion adaptée aux moyens y relatifs. Dans un second moment anticiper sur l’après-crise sanitaire. Le fruit de cette responsabilité est l’abandon de l’égoïsme, le tribalisme, le népotisme, la division, la corruption, etc., qui ne sont d’aucune utilité.

Entre-temps, il est évident que le Gouvernement, en cette période, peut mettre en place le contrôle citoyen de l’action publique en ayant à cœur l’intérêt général. Cela peut se faire par la création d’une commission mixte en symbiose avec l’organe de lutte contre la corruption et épaulée par un cabinet d’audit international pour s’assurer de la transparence et de la traçabilité de toutes les donations, car l’impératif de responsabilité du gouvernement est aussi de s’assurer qu’aucun franc CFA de la riposte contre le Covid-19, n’aille dans les poches des individus.  

2- Faire peau neuve dans le système scientifique et sanitaire.

Alors qu’elle est perçue comme un poste de dépense et de coût, la santé va se révéler poste d’investissement dans la gestion du risque et certainement placée comme secteur stratégique, prioritaire pour le développement du Congo avec un accent sur la recherche scientifique. Pour cela, dans la mesure du possible, l’Etat peut s’atteler à répondre à différents défis :

  • l’investissement dans l’achat du matériel médical afin de réduire les coûts d’évacuations sanitaires (solution très courante) ;
  • la formation des agents dans la manipulation du matériel médical ;
  • la formation et l’intégration de nouveaux médecins ;
  • l’investissement dans le secteur de l’industrie pharmaceutique afin de répondre aux besoins de la population et s’armer pour lutter contre le   trafic des faux médicaments. Aussi, la nature nous offre la meilleure et la plus fiable des solutions, notre biodiversité et l’abondance des plantes médicinales, à l’image du remède l’artémisia plante de base du Covid-Organics. Cela ouvre la voie à la valorisation des remèdes traditionnels, mais en amont, il s’agira d’homologuer les thérapies traditionnelles. Pour ce faire, ces tradithérapeutes devront être accompagnés ou assistés des scientifiques avérés pour l’étude et la définition des protocoles à des fins d’obtention d’un brevet ;
  • l’expérience que vivent les pays du nord nous montre des limites et enseigne qu’il ne suffit pas de disposer d’infrastructure pour maîtriser la pandémie mais d’importantes capacités d’organisation et d’importants moyens logistiques. A titre d’exemple, le Maroc a pu mobiliser toutes ses ressources et les organiser dans le combat contre cette pandémie.

Par Isaac SONIT,
Lauréat de la Fondation Perspectives d’Avenir & Ingénieur en Génie Industriel.

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