En date du 10 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté l’ordonnance n° 2026-48 relative à la presse électronique au Niger. L’avènement de l’internet mobile et la prolifération des réseaux sociaux, notamment WhatsApp, Facebook, X, TikTok, YouTube et Telegram, ont radicalement transformé notre quotidien. Du jour au lendemain, chaque citoyen s’est retrouvé doté d’un pouvoir immense au bout des doigts : celui de s’informer, de s’exprimer et d’influencer. Or, cet outil exceptionnel devrait avant tout être le moteur de notre émancipation intellectuelle et économique.

À l’avenir, un manque de vigilance ou de retenue, que ce soit par distraction ou par excès de zèle, pourra avoir des répercussions immédiates et sérieuses sur notre vie : un simple geste en ligne, en cas de non-respect de la loi, peut basculer dans l’illégalité. Il est indéniable que certains utilisateurs glissent trop souvent vers un terrain dangereux, présentant des risques physiques pour la sécurité des personnes.
Regardons nos fils d’actualité : entre la désinformation galopante, les rumeurs non vérifiées partagées en un clic et les contenus creux, voire insignifiants, qui consument notre temps, nous nous laissons collectivement divertir au détriment de l’essentiel. À l’heure où notre pays fait face à des défis sécuritaires, éducatifs et économiques majeurs, le gouvernement de la Refondation estime que l’espace numérique national ne peut plus se permettre d’être le théâtre permanent de la division ou de la distraction stérile.
Un cadre juridique considérablement durci
L’adoption de cette nouvelle ordonnance reflète ainsi le climat actuel autour de l’expression en ligne dans notre pays. Le cadre juridique s’est considérablement durci, notamment avec la révision de la loi sur la cybercriminalité. Ce double dispositif réglementaire impose des limites strictes aux professionnels des médias ainsi qu’aux citoyens sur Internet et les réseaux sociaux. Les utilisateurs qui exploitent leurs profils, réels ou fictifs, pour s’attaquer gratuitement à autrui, porter atteinte à l’ordre public, se quereller ou s’amuser sont désormais appelés à la plus grande retenue. En effet, ces différents textes constituent un moyen légal permettant de contrôler directement l’espace informationnel numérique, qui échappait jusqu’ici en partie aux circuits traditionnels.
Ce qui incite particulièrement à la réserve, à la prudence, à la modération et à la discrétion, c’est l’ordonnance n° 2024-28 du 7 juin 2024 modifiant la loi sur la cybercriminalité. Elle réintroduit des peines de prison ferme et de lourdes amendes pour les délits commis par le biais des communications électroniques. De plus, la loi exclut expressément l’octroi de circonstances atténuantes ou d’un sursis pour ces infractions. Il convient de souligner que l’infraction de trouble à l’ordre public s’applique même si les données partagées sont avérées.
La fin de la récréation
Ainsi, entre l’encadrement de la presse en ligne et la sévérité de la législation sur la cybercriminalité, l’espace d’expression s’est nettement restreint, obligeant chacun à mesurer scrupuleusement ses propos sur les réseaux sociaux. Par conséquent, chaque citoyen est invité à la modération et à la retenue. Le paysage et le contexte ont totalement changé. Dès lors, c’est presque la fin de la récréation pour certains internautes, toujours prêts à prendre des risques. À partir de maintenant, les espaces numériques, longtemps perçus à tort comme des zones de non-droit, font face à un net durcissement des règles et des contrôles pour garantir la sécurité, l’ordre et la conformité. Veillez à votre tour à en informer vos proches.
![Tribune | Presse électronique : la fin de la récréation pour les internautes au Niger [Par Moustapha Kadi Oumani] À l'avenir, un manque de vigilance ou de retenue, que ce soit par distraction ou par excès de zèle, pourra avoir des répercussions immédiates et sérieuses sur notre vie : un simple geste en ligne, en cas de non-respect de la loi, peut basculer dans l'illégalité. Il est indéniable que certains utilisateurs glissent trop souvent vers un terrain dangereux, présentant des risques physiques pour la sécurité des personnes.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Niamey--320x181.jpg)



![Tribune | Presse électronique : la fin de la récréation pour les internautes au Niger [Par Moustapha Kadi Oumani] À l'avenir, un manque de vigilance ou de retenue, que ce soit par distraction ou par excès de zèle, pourra avoir des répercussions immédiates et sérieuses sur notre vie : un simple geste en ligne, en cas de non-respect de la loi, peut basculer dans l'illégalité. Il est indéniable que certains utilisateurs glissent trop souvent vers un terrain dangereux, présentant des risques physiques pour la sécurité des personnes.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Niamey-.jpg)
Niger


![Analyse | Joseph Kabila à la tête du FRN : Kinshasa avait-elle raison depuis le début, et quel avenir pour Doha et le dialogue national ? [Par Willy Lukanga] Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, ne se présente plus uniquement comme un ancien chef de l'État critique envers son successeur. Il assume désormais la direction d'une structure regroupant des acteurs engagés dans une rébellion armée contre les institutions de la République.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Lancien-president-congolais-Joseph-Kabila--450x253.jpg)


