Les autorités nigérianes ont annoncé lundi 06 juillet l’ouverture d’une enquête visant des géants du numérique, dont Meta, Alphabet et X, ainsi que des plateformes d’intelligence artificielle générative, à la suite de plaintes provenant des opérateurs des médias concernant des pratiques jugées anticoncurrentielles.
Selon un communiqué publié par la Commission fédérale de la Concurrence et de la Protection des Consommateurs (FCCPC), l’enquête fait suite à une directive du président Bola Ahmed Tinubu après la réception d’une pétition de l’Organisation de la presse nigériane (NPO). La NPO regroupe l’Association des propriétaires de journaux du Nigeria (NPAN), le Syndicat nigérian des journalistes (NUJ), l’Association des organismes de radiodiffusion du Nigeria et la Guilde des éditeurs en ligne.
Les organisations de presse accusent certaines plateformes numériques d’exploiter illégalement des contenus journalistiques, de fragiliser la viabilité économique des médias nigérians et de limiter les possibilités de rémunération des producteurs de contenus.
« Nous reconnaissons l’importance stratégique des médias pour la démocratie nigériane ainsi que le rôle essentiel de la technologie dans l’innovation et la croissance économique », a déclaré le directeur général de la Commission fédérale de la Concurrence, Tunji Bello, dans un communiqué. « Notre responsabilité est d’établir les faits de manière objective et de veiller à ce que la concurrence dans l’écosystème numérique demeure équitable et transparente », a-t-il ajouté.
Parmi les points examinés figurent les accusations d’abus de position dominante, l’utilisation présumée de contenus de presse pour l’entraînement de modèles d’IA générative et l’absence d’accords commerciaux jugés équitables avec les éditeurs nigérians. Selon la Commission nationale des communications, le Nigeria comptait 154,7 millions d’abonnements à Internet en avril. WhatsApp, Facebook, Instagram et X figurent parmi les plateformes les plus populaires du pays.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte international de tensions croissantes entre médias et plateformes numériques. Plusieurs pays, dont le Canada et l’Australie, ont déjà obtenu ou engagé des mesures visant à contraindre les plateformes comme Meta et Google à rémunérer les médias pour les contenus générant du trafic vers leurs services. Ces géants du numérique sont régulièrement accusés de recevoir la majeure partie des revenus publicitaires en ligne, au détriment des éditeurs de presse.





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