fbpx

Le vaccin, espoir de relance

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Programmes de relance et campagnes de vaccination massives dans les pays les plus touchés par la pandémie du Covid-19 laissent entrevoir de belles perspectives, corroborées par la dernière édition des Perspectives économiques mondiales du FMI. Mais l’optimisme que suscite le retour de la croissance a été vite mis en berne par de nouvelles vagues d’infection et de nouveaux variants du virus suscitant des inquiétudes quant à la persistance de la pandémie.

Même si le Fonds monétaire international corrige ses prévisions, en annonçant une hausse de 0,3 point par rapport aux précédentes, grâce aux vaccins et l’effet de mesures de soutien supplémentaires dans un petit nombre de grands pays, l’économie mondiale reste dans un contexte marqué par une incertitude exceptionnelle.

La reprise de la croissance prévue pour cette année de 5,5 %, fait suite à un lourd effondrement en 2020 qui a eu des conséquences délétères notamment chez les femmes, les jeunes, les pauvres, les travailleurs de l’économie informelle et des secteurs où les contacts physiques sont fréquents. Ainsi, elle devrait fléchir en 2022 pour retomber à 4,2 %.

Les craintes du FMI viennent de l’absence d’homogénéité de la reprise qui devrait varier considérablement d’un pays à l’autre, en fonction de leur accès aux interventions médicales, de l’efficacité des mesures de soutien, de leur exposition aux effets de contagions «réémissives» et de leurs caractéristiques structurelles à l’aube de la crise. Elles sont liées également à l’absence de solidarité mise à nue par la course aux vaccins. Du chacun pour soi qui ne prend pas en compte l’interpénétration des économies, notamment en temps de crise, sanitaire ou autre.

Comme le suggérait l’édition des Perspectives économiques d’octobre 2020, en pleine réflexion pour les plans de relance, une coopération multilatérale forte s’impose pour maîtriser partout la pandémie, notamment en renforçant les financements en faveur du mécanisme Covax pour accélérer l’accès aux vaccins dans tous les pays, en assurant la distribution universelle des vaccins et en facilitant l’accès à des thérapies abordables pour tous. Heureuse perspective en cela, la France et les Etats-Unis de Joe Biden, semblent avoir compris que personne ne se sauvera seul. Emmanuel Macron appelle à «aider» l’Afrique en «annulant massivement sa dette» et Joe Biden a promis, dans un message vidéo, de travailler avec les Africains sur la lutte contre la pandémie et le changement climatique.

Ces projections annoncées dépendent de facteurs communs plus que des actions menées par un pays ou un regroupement économique aussi puissant soit-il. Au regard de ses effets sanitaires et économiques, la pandémie a prouvé l’inhérence d’une destinée humaine souvent pensée, à tort, en opposition et conflits d’intérêts entre pays riches et pays pauvres, sans tenir compte des facteurs influents des uns sur les autres.

L’endettement élevé de nombreux pays africains, et qui va encore s’accroître si la pandémie se prolonge, est un facteur d’inquiétude – aussi – pour les créanciers. Tout comme la sous consommation qu’induirait une chute drastique des importations. C’est une perte de marché qui a sa part dans une récession inéluctable si la communauté internationale n’actionne pas rapidement les leviers d’une collaboration étroite afin d’assurer à ces pays un accès suffisant aux liquidités internationales. Parmi les pays dont la dette souveraine n’est pas viable, ceux qui répondent aux conditions devraient s’employer avec leurs créanciers à restructurer leurs dettes en recourant au cadre commun établi par le G20.

Les approbations de plusieurs vaccins et le lancement de la vaccination dans quelques pays en décembre 2020 ont affermi l’espoir de voir la pandémie toucher à sa fin. A condition cependant que les difficultés logistiques de l’acquisition et de la distribution des vaccins et l’incertitude entourant leur acceptation ne fassent ombre à ce tableau favorable. Il reste donc fort à faire sur les plans des politiques sanitaire et économique pour limiter les dommages persistants dus à la grave contraction de 2020 et pour assurer une reprise soutenue en 2021.

Partager.

Répondre