Il n’y a quasiment pas de suspens sur l’issue du double scrutin, législatif et régional, qui a commencé ce lundi 1er juin en Ethiopie. Le Parti de la Prospérité du Premier ministre Abiy Ahmed, devrait largement l’emporter selon le pronostic des analystes politiques et ce, malgré d’importants troubles qui secouent une grande partie du pays. Plus de 50 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, mais dans la région du Tigré, à nouveau en ébullition, il n’y aura pas d’élection en raison des « conditions défavorables », selon l’instance officielle d’organisation des élections. Les résultats sont attendus d’ici le 11 juin.
Le Premier ministre sortant, dont le parti a axé sa campagne sur le bilan économique du gouvernement, a déclaré que « d’autres progrès sont à venir », alors qu’il votait dans sa ville natale de Beshasha, dans la région d’Oromia. « Le peuple éthiopien a démontré qu’il n’a besoin de personne pour le conseiller ou lui faire la leçon afin de bâtir son Etat et d’établir un système démocratique », a-t-il martelé, rapporte l’agence Reuters. Aux législatives de 2021, le Parti de la prospérité avait remporté 410 des 484 sièges au Parlement.
Selon le chef de la Mission d’observation de l’Union africaine (UA), l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, le scrutin se déroule sans incident. « L’Ethiopie étant la capitale de ce grand continent, un succès ici a des répercussions partout ailleurs. Nous souhaitons donc le meilleur au peuple éthiopien et nous espérons et avons confiance que le processus se déroulera dans les règles », a déclaré Uhuru Kenyatta qui reste étrangement silencieux sur la répression de l’opposition. Les partis d’opposition accusent régulièrement Addis-Abeba de les saper en arrêtant leurs dirigeants et en imposant des obstacles juridiques à leurs activités politiques, accusations que nie le gouvernement.
Alors que la guerre fait rage au Tigré, les candidats du Parti du Premier ministre ont mis en avant l’amélioration de la sécurité alimentaire et la forte croissance économique, dont les responsables prévoient qu’elle dépassera les 10 % en 2026, soit l’un des taux les plus élevés du continent. Mais le gouvernement doit faire face à des insurrections dans les deux plus grandes régions du pays, liées aux griefs de différents groupes ethniques concernant une prétendue marginalisation au sein du système fédéral.
Au pouvoir depuis 2018, Abiy Ahmed a procédé à la libéralisation de l’économie et fait libérer des journalistes, des militants et d’autres prisonniers politiques. L’année suivante, il reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin aux hostilités avec l’Erythrée voisine. Ses opposants et les militants des droits de l’homme l’accusent d’avoir anéanti ces acquis en détenant des journalistes, en fermant des organisations de la société civile et en supervisant des campagnes militaires marquées par des atrocités.





Éthiopie


![Tribune | Anniversaire : les cent ans d’Abdoulaye Wade, mes relations personnelles et stratégiques avec ce grand homme [Par Kabiné Komara, ancien Premier ministre de Guinée] Cependant, une telle longévité pour une personnalité d'exception est toujours l'occasion, pour ceux qui ont eu l'honneur et la chance de le côtoyer tant soit peu, de lui exprimer quelques marques de gratitude.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/06/Maitre-Abdoulaye-Wade-450x253.jpg)
![Édito | Le transport aérien et ses sources de stress (Suite) [Par Jean-Louis Baroux] Les difficultés ne sont pas terminées. La première chose que voit le passager à son arrivée vers la salle d’embarquement est une queue. Sauf à être sur place depuis quelque temps pour prendre les premières positions dans la file, il faudra à notre client aller au fond de la queue et si, par hasard il a payé un accès privilégié, comme d’ailleurs beaucoup le font, il devra trouver où commence la file des prioritaires, laquelle est souvent aussi longue que la normale.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/05/Avion--450x216.jpg)

