La compagnie éthiopienne accélère dans le fret. Ethiopian Airlines a signé avec Boeing une commande portant sur dix avions-cargos, dont huit 777-8F de nouvelle génération. Une opération qui rapproche le groupe de son ambition de disposer, à l’horizon 2035, de l’une des plus importantes flottes cargo du continent.
Ethiopian Airlines muscle encore son dispositif cargo. Selon Reuters, la compagnie publique éthiopienne a conclu, le 30 septembre, un accord avec Boeing portant sur dix appareils : huit 777-8F, le futur cargo long-courrier du constructeur américain, et deux 777 Freighter de génération actuelle.
Une répartition qui vient confirmer les informations rapportées début septembre par Reuters, selon lesquelles la commande devait associer des appareils de la génération actuelle au nouveau 777-8F.
L’opération est loin d’être anodine. Ethiopian Airlines dispose par ailleurs d’une option portant sur huit 777-8F supplémentaires. Au prix catalogue, les dix appareils commandés représenteraient une valeur d’environ 5 milliards de dollars. Mais le montant réellement négocié devrait être sensiblement différent. Mesfin Tasew, directeur général d’Ethiopian Airlines, a indiqué que les conditions financières de l’accord restaient confidentielles.
À ce stade, ni Ethiopian Airlines ni Boeing n’ont officiellement communiqué sur cette commande.
Une flotte cargo appelée à presque doubler
L’enjeu dépasse le simple renouvellement d’appareils. Dans sa fiche de flotte publiée en août 2026, Ethiopian Airlines recensait 19 avions exclusivement dédiés au fret : douze Boeing 777-200LRF, trois 767-300F et quatre 737-800SF.
La compagnie vise 37 appareils cargo d’ici à 2035, ainsi qu’un réseau de 90 destinations dédiées au fret. Les dix avions commandés représentent donc à eux seuls plus de la moitié du chemin séparant la flotte actuelle de cet objectif.
Cette progression ne sera toutefois pas mécanique. Les retraits d’appareils anciens et les opérations de remplacement qui interviendront au cours des prochaines années détermineront la taille réelle de la flotte à l’horizon 2035.
Ethiopian a déjà commencé à préparer cette montée en puissance. En mars, la compagnie a signé avec le loueur AerCap des contrats portant sur deux Boeing 777-300ERSF convertis en cargos. Leur livraison est attendue au deuxième trimestre 2028. Ethiopian mise sur ces appareils pour augmenter sa capacité tout en améliorant l’efficacité de ses opérations de fret.
Le cargo, une stratégie qui dépasse les avions
Addis-Abeba ne mise cependant pas uniquement sur l’accumulation d’avions. Ethiopian Airlines développe parallèlement ses infrastructures logistiques, avec l’ambition de faire de son hub un véritable centre de redistribution du fret à l’échelle du continent.
La compagnie dispose déjà d’importantes installations cargo dans la capitale éthiopienne. En 2024, elle y a notamment inauguré une plateforme consacrée au commerce électronique. Construite pour 55 millions de dollars, soit environ 48 millions d’euros, celle-ci peut traiter jusqu’à 150 000 tonnes par an.
Tri, regroupement et traitement des colis destinés au commerce transfrontalier : Ethiopian cherche ainsi à capter une part croissante des flux liés à l’essor du e-commerce africain.
Bishoftu, le prochain grand pari
Cette stratégie doit également s’appuyer sur le futur aéroport international de Bishoftu, situé à une quarantaine de kilomètres d’Addis-Abeba. Le chantier a officiellement démarré en janvier et sa première phase représente un investissement estimé à 12,5 milliards de dollars. Sa mise en service est prévue à l’horizon 2030.
Pour Ethiopian Airlines, cette infrastructure doit accompagner la croissance attendue aussi bien du trafic passagers que du fret. Elle constitue surtout une pièce majeure du dispositif destiné à renforcer la position d’Addis-Abeba comme plateforme aérienne entre l’Afrique et les grands marchés mondiaux.
Faire d’Addis-Abeba la porte cargo de l’Afrique
Ethiopian Cargo dessert déjà l’Afrique, l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient et les Amériques. La compagnie combine pour cela sa flotte tout-cargo avec les capacités disponibles dans les soutes de ses avions passagers.
Avec les nouveaux 777-8F, les futurs 777-300ERSF et le développement de ses infrastructures, Ethiopian entend désormais changer d’échelle.
Derrière la commande passée à Boeing se dessine ainsi une stratégie plus large : faire d’Addis-Abeba non seulement un hub passagers majeur, mais aussi une plateforme logistique capable d’absorber, de consolider et de redistribuer une part croissante des flux commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde.





Éthiopie



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