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Africa CEO’s Survey: Les chefs d’entreprise plaident pour un changement de paradigme

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Selon le dernier Africa CEO’s Survey, une enquête menée par le cabinet-conseil Deloitte sur les pays les plus attractifs du continent, les pays d’Afrique de l’Ouest arrivent largement en tête d’après les réponses fournies par 230 chefs d’entreprise. Cependant, les chefs d’entreprise estiment que le secteur privé est appelé à jouer un rôle déterminant. 

L’enquête menée entre mai et juin derniers et dont les résultats ont été rendus publics hier mercredi 23 septembre, est une vrai plébiscite pour la Côte d’Ivoire qui recueille 10,1% des réponses favorables, alors que son suivant immédiat, le Kenya ne rassemble que quelque 6,9%, soit 3,2 points de moins.

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Outre la Côte d’Ivoire et le Kenya, c’est le Ghana, le Sénégal et le Rwanda qui viennent compléter le top 5, avec respectivement 6,7% pour la deuxième plus grosse économie d’Afrique de l’ouest et 6,5% pour le pays de la Teranga et la même note pour le pays des Mille collines.

Etonnamment, malgré la pandémie du Covid-19, la confiance des chefs d’entreprise sur le continent est en hausse sensible par rapport à l’année dernière. En effet, à la question suivante : « Êtes-vous confiant à plus long terme concernant la situation économique dans votre(vos) pays d’activité ? », 80% ont répondu par l’affirmative dans l’enquête de 2020, contre 73% pour celle de 2019.

« Cet optimisme est néanmoins nuancé par un recul de la confiance à court terme, d’une part à cause de la crise sanitaire, et d’autre part lié aux nombreuses échéances électorales qui se profilent sur le continent en 2020 – par nature toujours porteuses d’incertitude tant le poids de la puissance publique reste prégnant dans nombre d’économies africaines. Plus généralement, ces sentiments mitigés semblent traduire la persistance d’une grande hétérogénéité des situations d’une région à l’autre du continent, tant d’un point de vue politique qu’économique », écrit les auteurs de l’enquête.

Cependant, les pays africains ont intérêt à améliorer le climat des affaires (50% des réponses) et l’état des infrastructures (30%) qui sont considérés comme étant les principaux freins à l’accélération des stratégies des entreprises africaines.

Rôle central du secteur privé

La bonne nouvelle c’est que le secteur privé se voit de plus en plus comme un partenaire de premier choix des pouvoirs publics pour favoriser le développement du continent.

En effet, « les acteurs du secteur privé se voient ainsi en relais essentiel des pouvoirs publics et moteur du développement économique : en s’organisant de manière proactive entre acteurs d’un même secteur ou écosystème, portant auprès des pouvoirs publics des solutions concrètes et pragmatiques à des problématiques locales précisément identifiées », peut-on lire dans l’étude.

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« Ces initiatives ponctuelles, relevant d’une approche résolument « bottom-up » et guidées par un « bon sens » commun partagé par les acteurs du terrain, ont vocation à être ensuite relayées et accompagnées par les puissances publiques – qu’il s’agisse ou non de partenariats public-privé.

La crise sanitaire Covid-19 aura par ailleurs été un facteur d’accélération des partenariats entre acteurs privés et publics. Ces derniers, face à l’urgence, ont rapidement su s’adapter et lever certaines lourdeurs administratives, ce qui sera structurellement bénéfique pour tous les acteurs économiques sur le long terme », poursuit l’enquête de Deloitte.

Outre le nécessaire renforcement de la coopération avec la puissance publique, l’autre enjeu pour les années à venir que soulignent les participants à l’étude est le nécessaire changement d’échelle des entreprises du continent, et les conditions d’émergence des futures « licornes » africaines.

S’il apparaît encore trop tôt pour dégager des règles et critères généraux applicables en toutes circonstances, tous les dirigeants interrogés semblent dessiner une ébauche de «business model africain» qui se définit surtout par une approche et des valeurs qu’ont en commun les différents interlocuteurs interrogés : démarche fondamentalement entrepreneuriale dans la façon d’aborder les défis et les enjeux de croissance, approche pragmatique et logique d’apprentissage permanent (qu’il s’agisse de favoriser les transferts de compétences au contact de partenaires locaux ou internationaux ou de développer en interne la formation continue des salariés), conception de l’entreprise comme une véritable famille dont le rôle est d’améliorer le quotidien de ses membres mais aussi des communautés dont ils sont issus, et cohérence du projet d’ensemble au sein de l’écosystème réunissant l’entreprise et ses partenaires.

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