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Afrique : Les conditions d’une reprise durable selon la BAD

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Selon les prévisions de la Banque africaine de développement (BAD), le continent devrait entamer sa reprise dès cette année 2021 avec une croissance prévisionnelle de son PIB estimée à 3,4%. Néanmoins, pour dissiper rapidement les incertitudes, les mesures urgentes de relance seules ne suffisent pas. Il faudra en plus restructurer la dette.

Pour leur relance macro-économique, il faudra impérativement que les pays africains fassent appel au marché de la dette. Et dans les mois à venir, les sorties sur les marchés internationaux se multiplieront, de même que les concours des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Il est donc clair que l’augmentation du niveau d’endettement sera à l’ordre du jour. C’est pourquoi la Banque africaine de développement attire d’ores et déjà l’attention des gouvernements sur la nécessité de restructurer leur dette dans une note récente intitulée : «De la résolution de la dette à la croissance : une feuille de route pour l’Afrique».

Cette recommandation n’est pas à prendre à la légère si l’on sait que les besoins de financement des 54 pays du continent sont estimés à quelque 154 milliards de dollars depuis le début de la crise en 2020, jusqu’à ce que la reprise soit confirmée en 2021. Il est donc important d’anticiper un alourdissement de cette dette, surtout si l’on sait que le moratoire n’est pas synonyme d’annulation de ladite dette, mais uniquement de différés des annuités échues.


Ainsi, «Le choc de la pandémie et la crise économique qu’il a provoquée ont eu des implications directes sur les soldes budgétaires et le fardeau de la dette des pays ; et le ratio moyen dette/PIB de l’Afrique devrait augmenter de 10 à 15 points de pourcentage à court et moyen terme. Par conséquent, l’Afrique pourrait se voir confrontée à de graves problèmes de dette, et les défauts de paiement et les résolutions prolongées pourraient entraver les progrès de l’Afrique vers la prospérité», estime Akinwumi Adesina, le président de la BAD.

Selon lui, «Le moment est venu d’alléger une dernière fois la dette de l’Afrique», affirme-t-il, ajoutant que «c’est bien sur le lien entre la gouvernance et la croissance qu’il faut se concentrer pour mettre l’Afrique sur la voie d’un endettement qui soit soutenable, et éviter à l’avenir tout besoin d’alléger la dette».

Malheureusement, la prise de décision dans ce sens est rendue difficile par plusieurs facteurs. D’une part, un Etat qui demande d’aller au-delà du moratoire risque d’être considéré en faillite et d’être fui comme la peste par les créanciers. Les agences de notation n’attendent que cela pour le dégrader, ce qui rendra difficile ses sorties sur les marchés internationaux. De plus, comme le reconnaît la BAD, il n’y a aucune procédure mise en place pour aller dans ce sens de manière systématique quand les conditions se posent.

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