Le lit du pauvre est fertile, disait en son temps, Thomas Robert Malthus, le célèbre et controversé économiste écossais qui prêchait la limitation des naissances, «seul moyen pour trouver à manger pour tout le monde».
Quatre siècles après, il avait vu juste.
La population de l’Afrique subsaharienne, l’une des régions les plus pauvres de la planète, devrait presque doubler durant les trois prochaines décennies. Elle passera de 1,15 milliard de personnes en 2022 à 2,09 milliards en 2050.
L’Afrique subsaharienne contribuerait pour plus de la moitié à la croissance démographique mondiale d’ici 2050, selon les projections du département des Affaires économiques et sociales de l’ONU publiées lundi 11 juillet.
Les populations de l’Europe et de l’Amérique du Nord réunies et celle de l’Afrique subsaharienne sont comparables actuellement, avec respectivement plus de 1,12 et 1,15 milliard de personnes. Cependant, ces deux régions ont atteint une telle taille de population à la suite de trajectoires de croissance très différentes depuis le milieu du 20e siècle.
Alors que l’Europe et l’Amérique du Nord ont connu un taux de croissance démographique annuel inférieur à 1 % depuis le milieu des années 1960, avant d’atteindre un taux de croissance proche de zéro en 2020 et 2021, le taux de croissance annuel de la population d’Afrique subsaharienne a atteint un niveau record. Il a culminé à 3 % en 1978 et est resté supérieur à 2,8 % pendant les années 1980. En 2022, la taille de la population de cette région augmente à un rythme annuel de 2,5 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale de 0,8 %, et le taux le plus élevé parmi les huit régions du globe.
L’augmentation de la population prévue dans les trois prochaines décennies sera concentrée pour plus de la moitié dans huit pays. Il s’agit de la République démocratique du Congo, de l’Egypte, de l’Ethiopie, de l’Inde, du Nigeria, du Pakistan, des Philippines et de la Tanzanie. L’Inde (1,4 milliard d’habitants en 2022) devrait même rafler à la Chine le titre de pays le plus peuplé de la planète, d’ici 2023.
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Un commentaire
Oui, vous avez raison, on peut poser la question et même enlever le « si »
Malthus avait vu juste, pour l’Afrique et pour tous les continents d’ailleurs si nous pouvions abaisser notre fécondité et revenir à des effectifs plus raisonnables, cela permettrait de desserrer les contraintes, alimentaires, écologiques, énergétiques, immobilières, migratoires, bref de rendre la vie plus durable et plus heureuse.