L’heure de vérité a sonné pour l’ex-président déchu par un coup d’Etat en septembre 2021. Alpha Condé et 26 anciens dignitaires de son régime, vont devoir affronter ce que redoutent tous les autocrates africains et qui les poussent souvent à s’accrocher au pouvoir quitte à manipuler la constitution : rendre des comptes à la justice.
Le procureur général de Conakry, nommé par la junte au pouvoir, a annoncé, mercredi 4 mai, des poursuites contre l’ex-président et plusieurs anciens hauts responsables sous sa présidence, notamment pour «assassinats, actes de torture et enlèvements».
Selon le communiqué diffusé par le procureur Alphonse Charles Wright, Alpha Condé figure en tête de liste de personnalités visées qui contient aussi un ancien président de la Cour constitutionnelle, d’anciens présidents de l’Assemblée nationale, un ancien Premier ministre et plusieurs anciens ministres, députés et responsables des services de sécurité. Nombre de ces personnes sont déjà placées en détention préventive pour «détournement des deniers publics». Les chefs d’inculpation retenues par la justice guinéenne sont très graves : «meurtre, assassinat et complicité, disparitions forcées, détentions, enlèvements, acte de torture, coups et blessures volontaires, viols et agressions sexuelles ou encore actes de pillage».
Ces poursuites ont été déclenchées à la suite d’une plainte du Front national de défense de la Constitution (FNDC), un collectif qui a mené pendant des mois à partir d’octobre 2019 la contestation contre un troisième mandat d’Alpha Condé, relève l’AFP. La répression de ces protestations a fait des dizaines de morts, quasiment tous civils.





Guinée


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