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Un an après le début de la pandémie, six histoires porteuses d’espoir

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Le 11 mars 2020, le nouveau coronavirus (COVID-19) devenait officiellement une pandémie. L’année écoulée a été extrêmement difficile, mais elle a aussi été marquée par des histoires remarquables de résilience, d’ingéniosité et de créativité.

Source : Banque Mondiale

Aujourd’hui, ce sont ces initiatives inspirantes que nous souhaitons mettre en avant, en vous proposant un tour du monde en six étapes. Ces histoires illustrent comment, même à petite échelle, l’esprit d’entreprise et l’innovation peuvent véritablement changer la donne au quotidien. Un an après, le Groupe de la Banque mondiale continue de soutenir les pays les plus pauvres alors qu’ils s’emploient à instaurer une reprise durable, résiliente et inclusive.

1. RDP lao : libérer tout le potentiel des PME

Vorachith Keoxayavong

Vorachith Keoxayavong | Crédit : Banque mondiale / Vannaphone Sitthirath

Le village de Phailom, en République démocratique populaire lao, est situé à environ une heure de route de la capitale, Vientiane. Il possède un vivier d’artisans du bois devenus depuis quelques années les fournisseurs attitrés de souvenirs pour les touristes.

Vorachith Keoxayayong perpétue depuis son enfance une longue tradition villageoise. La sculpture du bois est pour lui bien plus qu’un passe-temps : à la tête d’une entreprise qui compte 23 employés, il procure des emplois durables et enrichissants à sa communauté. Les petites et moyennes entreprises (PME) assurent plus de 80 % des emplois en RDP lao et elles représentent environ 94 % du parc total d’entreprises déclarées, selon l’office national de statistique (a).

À l’instar des autres PME du pays, les artisans de Phailom ont été frappés de plein fouet par la pandémie de COVID-19 et l’effondrement du tourisme.

La pandémie a encore compliqué la situation pour des entreprises souvent déjà en proie à des difficultés. Malgré leur savoir-faire et leur réussite, les petits entrepreneurs laotiens ont du mal à accéder au crédit, ce qui limite leur capacité à développer leur activité et embaucher davantage.

Mais les choses commencent à évoluer. Le projet pour l’accès au financement des PME (a), financé par le Groupe de la Banque mondiale, a permis de débloquer des fonds qui étaient autrefois hors de portée de bon nombre de ces entreprises.

« Avant, nous avions beaucoup de mal à nous développer car nous n’avions accès qu’à des emprunts informels à des taux très élevés. C’est bien plus confortable de pouvoir emprunter de l’argent à une banque », confie le fondateur de Vorachith Wood Carving.

Alors que le processus de reprise économique sera long, la Banque mondiale et le gouvernement de RDP lao s’attachent à capitaliser sur les succès de ce projet. L’objectif ? Trouver des solutions pour aider les petites entreprises à surmonter les effets de la pandémie et à poursuivre leur activité sur des bases financières solides à mesure que les restrictions de voyage seront progressivement levées.

2. Costa Rica : des femmes pompiers en première ligne pour une reprise résiliente 

Melissa Aviles, sapeure-pompier dans les forêts du Costa Rica. Photo : Avec l’aimable autorisation de FONAFIFO/MINAE

Melissa Aviles, sapeure-pompier dans les forêts du Costa Rica. Photo : Avec l’aimable autorisation de FONAFIFO/MINAE

À l’heure où, comme d’autres pays dans le monde entier, le Costa Rica cherche à se relever de la pandémie, il peut compter sur ces brigadistas pour contribuer à une reprise durable et résiliente.

Ces femmes sapeures-pompiers, dont le rôle est de plus en plus reconnu, se révèlent tout aussi efficaces et engagées dans la lutte contre le fléau des incendies de forêt que dans le combat contre les stéréotypes. La protection des forêts occupe une place centrale dans les efforts déployés par le Costa Rica pour promouvoir un développement durable et lutter contre le changement climatique.

« Les gens ont encore des préjugés machistes, ils pensent qu’une femme ne peut pas manier une machette, une pompe à eau ou une souffleuse et qu’elle ne peut pas grimper tout en haut d’une colline », explique la brigadista Ana Luz Diaz.

Les Costariciennes assurent une fonction essentielle pour la conservation et la gestion durable des forêts et des terres agricoles. Pourtant, ici comme dans tant de pays, les stéréotypes sexistes ont la vie dure. Ce facteur, conjugué à une répartition inégale des tâches familiales, empêche les femmes d’exercer un rôle plus important dans les activités et les projets écologiques.

Toutefois, des efforts sont en cours pour remédier à ces disparités et mieux reconnaître la manière dont les hommes et les femmes contribuent à la protection de l’environnement, à la conservation des forêts et à l’action climatique.

« Je veux être quelqu’un, être vue, ne pas être invisible. Je veux que les hommes et les femmes se voient les uns les autres et qu’ils réalisent que nous pouvons aider nous aussi », témoigne une autre brigadista, Melissa Aviles.

En 2019, grâce à un financement du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), un dispositif géré par le Groupe de la Banque mondiale, le Costa Rica a élaboré un plan d’action pour l’égalité des sexes qui soutient les efforts nationaux de réduction des émissions dues à la dégradation des forêts et à la déforestation.

Ce plan sera capital pour permettre au pays de s’engager sur la voie d’une reprise qui sera non seulement durable et résiliente, mais également inclusive. Fort de cette expérience, le Costa Rica partage aujourd’hui ses connaissances pour que d’autres pays puissent en bénéficier.

3. Pakistan : orienter les patients par téléphone

Comme nombre de personnes dans le monde, les habitants des zones rurales au Pakistan ont bien du mal à accéder à des services de santé abordables. Se rendre en ville pour se faire soigner est coûteux, surtout lorsque plusieurs voyages sont nécessaires. Et la pandémie n’a fait qu’aggraver ces difficultés.

Comment rendre les soins plus accessibles ? Ne pourrait-on pas assurer des services de routine par téléphone ?

C’est le pari que s’est lancée Maliha Khalid. L’entrepreneure pakistanaise est à la tête de Doctory,un service d’assistance téléphonique qui aide les patients à éviter le dédale des parcours de soins en les mettant directement en contact avec le bon praticien. La start-up a remporté l’édition 2020 du concours SDG&Her (a), organisé par le Groupe de la Banque mondiale, aux côtés de six autres entreprises innovantes et parmi 2 400 candidats en lice.

Lorsque la pandémie a frappé, l’équipe de Doctory est passée à l’action, avec le lancement d’une ligne d’assistance nationale COVID-19 qui a permis de rapprocher les patients d’une offre de soins rapide et de qualité, avec à la clé des économies précieuses de temps et d’argent.

4. Kenya : créer des emplois durables pour les jeunes

Kibera est l’un des plus grands quartiers informels d’Afrique (Nairobi, Kenya).

Kibera est l’un des plus grands quartiers informels d’Afrique (Nairobi, Kenya).

Au Kenya, les mesures de confinement imposées par les autorités dans le but de lutter contre la propagation de la COVID-19 ont eu des effets secondaires économiques particulièrement graves pour les communautés déjà défavorisées.

Le gouvernement s’est efforcé de trouver dans la crise un levier de changement en créant le Programme national d’hygiène. Connue plus familièrement sous le nom de Kazi Mtaani (« des emplois dans notre quartier »), cette initiative procure aux populations les plus vulnérables, et parmi elles en particulier les jeunes, des emplois utiles qui contribuent à l’amélioration de leur cadre de vie : élagage des buissons, fumigation, désinfection, nettoyage des rues et des systèmes de drainage ou encore collecte des déchets.

Byron Mashu vit dans le bidonville de Kibera, à Nairobi. Il se dit reconnaissant de l’aide apportée aux jeunes comme lui : « [Le programme] nous permet non seulement de soutenir financièrement nos familles et de régler les factures, mais il fait aussi en sorte que les jeunes ne soient pas désœuvrés, ce qui s’est traduit par une baisse significative de la criminalité dans notre quartier. »

Le programme a été mis sur pied dans le cadre du projet d’amélioration des implantations sauvages au Kenya, une opération financée par le Groupe de la Banque mondiale, qui a permis de créer des emplois dans 27 quartiers de huit comtés du pays.

Don Dante, responsable d’une association de jeunes de Mukuru Kwa Njenga, note aussi les effets positifs du programme : « La petite délinquance a baissé, les jeunes sont plus autonomes et notre quartier est propre. »

Vu le succès et la popularité du projet, le gouvernement kényan étudie actuellement son expansion sur ses propres fonds, avec l’objectif d’en faire bénéficier 283 210 personnes dans 47 comtés.

5. Grèce : soutenir les petits producteurs alimentaires et nourrir les personnes vulnérables

Parce qu’elle a vécu la crise financière grecque, Melina Taprantzi possède sans doute une plus grande expérience des chocs économiques que la plupart des gens. Témoin direct des souffrances de la population et de la montée de la pauvreté, elle a décidé de se consacrer à l’aide sociale.

Son entreprise, Wise Greece, met en relation les petits producteurs alimentaires avec les personnes dans le besoin et distribue des colis de six kilos de nourriture et de produits de première nécessité.

Alors quand la pandémie a frappé, l’entrepreneure grecque n’est pas restée les bras croisés. Wise Greece s’est rapidement associée à des multinationales pour venir non seulement en aide aux pauvres, mais aussi aux personnes âgées et vulnérables confinées chez elles à cause de la COVID.

Depuis 2013, l’entreprise a permis de procurer quelque 50 tonnes de vivres, dont six tonnes au moins depuis le début de la pandémie.

6. Tchad : se lancer dans la production de gels hydroalcooliques

gel hydroalcoolique

Face à la pénurie mondiale de gels hydroalcooliques, les pouvoirs publics ont décidé d’utiliser les structures locales existantes pour se lancer dans la production de ce produit essentiel. © Edmond Dingambhoudou, Banque mondiale

La pandémie a entraîné une explosion de la demande de produits désinfectants qui a submergé les chaînes d’approvisionnement dans le monde entier.

Au Tchad, « les gens se sont rués sur les pharmacies, faisant parfois la queue pendant des heures pour se procurer cette solution alcoolique », témoigne Edmond Dingamhoudou, qui travaille pour la Banque mondiale à N’Djamena, la capitale. « Certains vont jusqu’à traverser la frontière pour se ravitailler à Kousseri, une ville camerounaise située à une vingtaine de kilomètres de N’Djamena, de l’autre côté du fleuve Logone. »

Face à cette pénurie, pouvoirs publics et scientifiques unissent leurs forces en un temps record. Un laboratoire récemment construit avec le soutien de l’Association internationale pour le développement (IDA) est ainsi « réquisitionné » pour démarrer rapidement la fabrication de gel hydroalcoolique, inaugurant ainsi la première production locale de ce précieux produit.

À la mi-avril 2020, l’unité de production est en mesure de produire environ 900 litres de solution hydroalcoolique par jour, avec l’aide de 20 à 25 techniciens qui veillent sur toute la chaîne de production, de la fabrication à la validation puis à l’emballage.

 

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