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The Atlantic Dialogues 2014 : Le Maroc, une plaque tournante du Bassin Atlantique

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  • A Marrakech au Maroc, et pour la 3e année consécutive, OCP Policy Center et German Marshall Fund, deux think thank, dont plus de 350 « leaders » venus de 60 pays du bassin atlantique.
  • Objectif : renforcement de la coopération

Atlantic DialoguesLa troisième édition de The Atlantic Dialogues, qui a réuni du 24 au 26 octobre 2014 à Marrakech, hommes politiques, décideurs économiques, leaders d’opinion… à l’instar de l’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, l’ancien Premier ministre du Sénégal, Aminata Touré ou l’ex-ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos…a tenu ses promesses.

Les organisateurs de cette rencontre annuelle sur les dialogues entre les pays qui ont en commun le partage de l’Atlantique, German Marshall Fund et OCP Policy Center continuent d’œuvrer pour l’instauration d’une plateforme de coopération transatlantique. Une idée qui a d’ailleurs été développée par tous les intervenants. Pour Youssef Amrani, chargé de mission auprès du cabinet royal du Maroc, les pays riverains de l’océan Atlantique partagent les mêmes valeurs et les mêmes menaces. C’est l’occasion pour ces pays d’accentuer les échanges à tous les niveaux pour réduire le gap qui sépare les plus nantis des plus pauvres. Cela est possible grâce aux partenariats multiformes qui mettent en avant le levier humain, socioéconomique et politique.

L’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a mis l’accent sur le phénomène de la globalisation qui, dit-il, est aujourd’hui une réalité. Il n’est plus possible de vivre en autarcie. La seule façon de pouvoir tirer son épingle du jeu des règles de la mondialisation et d’y faire face à travers le dialogue et la coopération multilatérale. Ni plus ni moins que ce que proposent OCP Policy Center et German Marshall Fund à travers The Atlantic Dialogues. Moratinos résume sa vision par cette citation lapidaire : « il n’est plus possible de diviser le monde en zone d’influences et d’intérêt. Nous devons surmonter les barrières du passé pour mieux saisir les réalités d’un monde globalisé et changeant contre lesquelles nous ne pouvons pas grand-chose ». Justement c’est en surmontant les barrières du passé  que les Etats riverains de l’océan Atlantique parviendront à réduire les inégalités, sources d’extrémismes et de fanatismes. Des maux que la fédération nigériane vit aujourd’hui avec le groupe extrémiste Boko Haram. Du point de vue de l’ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo de 1999 à 2007, Boko Haram est le résultat des politiques inadaptées du passé qui ont appauvri le nord de son pays. « Les richesses créées au sud et au centre du Nigeria sont cinq fois supérieures à celles du nord », rapporte-t-il. Ce qui est vrai ici l’est dans pratiquement tous les pays riverains de l’Atlantique avec des degrés divers. Le remède, selon lui pour tordre le cou aux inégalités, est la démocratie. « Il n’y a pas d’alternative à la démocratie », souligne-t-il. Et d’ajouter que les premiers bienfaits de la démocratie est qu’elle «  permet le débat avec la participation de tous ». Il conclut son intervention par le renforcement de la coopération régionale. « Nous en Afrique, nous devons être ouverts à la gouvernance mondiale ».

L’ancien ministre mexicain des Affaires étrangères, Jorge Cataneda, a abondé dans le même sens. Selon lui, cette gouvernance mondiale dont parle à cor et à cri doit passer par l’organisation des Nations Unies, s’il le faut avec des appuis. « Les États-Unis ne peuvent agir seuls, de même que les Nations Unies», a-t-il expliqué. Ce qui est vrai pour la coopération en matière politique et géostratégique l’est tout autant pour le développement économique et social.

L’accord transatlantique pour le commerce et l’investissement. Une chimère ?

En matière de commerce et d’investissement en zone transatlantique, Ferdinando Nelli Feroci, Commissaire chargé des entreprises et de l’industrie au sein de la Commission Européenne, a souligné qu’il n’était pas optimiste quant aux perspectives du Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement  (TTIP) entre les Etats Unis et l’Union européenne. « Du côté des Etats Unis, nous avons constaté un affaiblissement de la volonté politique » a-t-il affirmé. Et d’ajouter qu’«en Europe, nous avons nos propres préoccupations, dont certaines sont d’origine émotionnelle ». Le panel auquel le Commissaire européen s’adressait, avait pour thème le commerce et l’investissement dans le bassin atlantique. Un panel auquel avait pris part également l’ancien Premier ministre du Sénégal, Aminata Touré, qui a décrit lors de son intervention, l’Afrique comme la «dernière frontière » de l’économie mondiale. Mais elle a tenu à nuancer que les protocoles de libre-échange ne sont pas la finalité de la croissance économique. «Le libre-échange n’est pas le commerce à tout prix», a-t-elle souligné, en expliquant que les gouvernements se méfient des relations commerciales abusives. « Les peuples africains sont en mesure d’être plus conscients de l’importance de défendre leurs intérêts. »

Mme Touré avait déjà témoigné plus tôt lors des travaux de ce forum sur son expérience en tant que première femme premier ministre de son pays de septembre 2013 à juillet 2014, période durant laquelle elle s’est concentrée sur la lutte contre la corruption. « C’est un processus continu qui ne pourra jamais être interrompu. L’essentiel est de le lancer»  a-t-elle précisé.

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