Les statistiques sont claires : en prenant en compte le nombre de kilomètres/passagers parcourus, le moyen de transport le plus dangereux est de loin la mobylette et le plus fiable le transport aérien. Le taux d’accident a été en 2025 de 1,32 par million de vols. 394 morts ont été dénombrés sur les quelque 39 millions de vols opérés cette année-là, qui ont transporté près de 5 milliards de passagers.

Tous ces chiffres pour prendre conscience des progrès considérables réalisés par ce secteur d’activité dans le domaine de la sécurité. Les appareils sont devenus tellement bien construits que la technique n’est plus en cause lors des accidents d’avion. Certes, les crashs des Boeing 737 MAX de Lion Air et d’Ethiopian Airlines ont jeté une tache sérieuse sur la fiabilité des appareils, mais la FAA (Federal Aviation Administration) américaine a fortement réagi et obligé le grand constructeur à revoir de fond en comble non seulement ses méthodes de production, mais également ses dirigeants. Le nombre de vols progresse au rythme de la croissance du transport aérien avec un emport moyen de 125 passagers et le nombre d’accidents diminue régulièrement, même si certaines années sont plus difficiles que d’autres.
Le facteur humain, première cause d’accidents
En regardant de plus près, 50 % à 60 % des accidents d’avion sont dus à des causes humaines, volontaires ou non. On se rappelle encore avec une même émotion le funeste 11 septembre 2001, qui a vu des appareils et des vols civils se transformer en armes redoutables. Cela a marqué durablement l’aviation commerciale et des mesures drastiques ont été prises, non seulement pour les opérations de contrôle au sol, mais aussi et surtout pour la protection des pilotes en empêchant l’accès au cockpit. Mais toute mesure a son revers et l’impossibilité d’ouvrir la porte du cockpit à partir de la cabine passagers a été la cause directe d’une autre catastrophe, celle de Germanwings le 24 mars 2015, car personne n’a pu empêcher le copilote, manifestement dérangé psychologiquement, de se suicider, entraînant la mort de 144 personnes, passagers et équipage.
Alors il a fallu inventer de nouvelles procédures afin de ne jamais laisser une personne seule dans le poste de commandement. Mais cela n’a pas empêché le très grave incident survenu le 30 septembre dernier au cours du vol FlyDubai reliant Dubaï à Tel Aviv, qui fort heureusement s’est terminé sans mort grâce au courage du pilote agressé par son copilote, au sang-froid de certains passagers qui ont pu maîtriser l’agresseur et à la chance d’avoir des pilotes dans la cabine.
Quand la détresse psychologique frappe aux commandes
Tout cela pour dire qu’à partir du moment où les constructeurs ont assuré la fiabilité quasi absolue de leurs appareils, la seule vraie incertitude vient du comportement aberrant de certains PNT (Personnels Navigants Techniques). Sauf qu’ils sont si peu nombreux qu’il est difficile de les identifier et pourtant ils peuvent faire d’énormes dégâts. Au cours des 15 dernières années, on a pu enregistrer plusieurs cas de suicides confirmés ou avérés, tels que celui du vol LAM 170 qui a causé 33 morts, la fameuse disparition toujours sans explication certaine du Malaysia Airlines 370 avec ses 239 personnes à bord, les 135 morts du vol China Eastern 5735 du 21 mars 2022 et, plus récemment, le crash du vol Air India Ahmedabad-Londres le 12 juin 2025, qui a causé la mort de 241 personnes et un miraculé qui en est rescapé.
Comment se défendre de la volonté de se suicider, pour d’ailleurs des raisons très variées ? On a même vu un pilote écraser son appareil sur la maison où vivait son épouse avec laquelle il était en sérieux conflit. Il en est mort, mais pas elle. Le radicalisme, la jalousie, l’alcoolisme, les situations personnelles inextricables ou tout simplement le dérangement mental, tout peut amener à des drames. Je ne mentionne pas l’incompétence, car elle est rarissime, bien qu’elle ait été la cause d’un crash de Korean Air à son atterrissage à San Francisco, qui n’a fait que 3 morts sur les 307 personnes à bord grâce au sang-froid et à la compétence du personnel commercial.
Vers un pilotage à distance ?
Comment arriver à solutionner ce qui, a priori, apparaît comme une impossibilité, en dépit de toutes les précautions que prendront les compagnies aériennes en matière d’inspection du comportement et de formation renforcée ?
Reste peut-être une possibilité : il semble bien, si j’en crois un dirigeant de l’une des principales sociétés d’avionique, qu’il soit dès à présent possible de prendre les commandes d’un avion depuis le sol. Voilà qui pourrait servir dans le cas où aucune solution ne pourrait être envisagée lors de situations de détresse. Reste à mettre au point les procédures et à s’assurer qu’elles ne créent pas d’autres problèmes.
![Édito | Aviation commerciale : le danger vient du cockpit [Par Jean-Louis Baroux] Tous ces chiffres pour prendre conscience des progrès considérables réalisés par ce secteur d’activité dans le domaine de la sécurité. Les appareils sont devenus tellement bien construits que la technique n’est plus en cause lors des accidents d’avion.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/10/Fly-Dubai--320x145.jpg)

![Éclairage | Les investissements marocains à l’étranger et la réglementation des changes : cas des personnes morales – Partie II [Par Hassan Ouatik, expert-comptable, OEC Paris] Pour rappel, nous avions présenté la définition réglementaire des investissements marocains à l'étranger, les conditions relatives à l'investissement et à l'investisseur, ainsi que les formes que peut revêtir l'investissement.](https://afrimag.net/wp-content/uploads/2026/09/Office-des-changes--320x170.jpg)

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