Au Mozambique, à Cabo Delgado, un grand groupe énergétique a dû suspendre un développement stratégique de production de gaz suite à une dégradation sécuritaire, soulignant l'importance des facteurs extra-techniques (sécurité, environnement, acceptabilité locale) dans le succès d'une opération.

Dans les pays émergents, les projets d’infrastructures ne se gagnent pas seulement sur la réponse technique et le montage financier. Ils se gagnent – ou se perdent – dans l’exigence et l’anticipation. En effet, les vrais risques sont plus souvent systémiques : mauvaise appréhension des risques spécifiques, notamment locaux, lecture incomplète des équilibres politiques, sous-estimation des enjeux ESG, défaut d’acceptabilité locale. 80 % des projets bloqués, voire abandonnés, le sont pour ces raisons. Les conséquences sont claires et maintenant bien connues : projets stoppés, financements retardés, capitaux immobilisés, réputation exposée. Les exemples ne concernent plus uniquement des projets isolés et…

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Pendant longtemps, les politiques agricoles africaines ont principalement été pensées sous l'angle de la production. Produire davantage. Étendre les surfaces cultivées. Accroître les rendements. Or le véritable défi africain n'est plus uniquement celui de la production agricole. Il est celui de l'organisation des chaînes de valeur. Dans ce contexte, une notion devient absolument centrale : l'agrégation.

L’Afrique possède près de 60 % des terres arables non exploitées de la planète. Pourtant, le continent continue d’importer massivement des produits alimentaires transformés, demeure exposé à la volatilité des marchés internationaux et voit une partie considérable de la valeur créée par ses ressources agricoles captée hors de ses territoires. Ce paradoxe n’est pas seulement économique : il est stratégique, social, politique et géopolitique.

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Depuis une décennie, l’écosystème de la finance climat s’est profondément densifié. Fonds multilatéraux, banques de développement, institutions bilatérales, investisseurs privés, fonds d’infrastructure, capital-investissement, marchés obligataires verts : tous ces acteurs ont progressivement orienté leurs stratégies vers la transition énergétique, l’adaptation climatique et la décarbonation des économies.

Par-delà les discours alarmistes sur un prétendu déficit de financements pour la transition bas carbone en Afrique, une réalité plus nuancée s’impose aujourd’hui : les capitaux existent. Ils sont même, dans une certaine mesure, abondants. Ce qui fait défaut, en revanche, c’est l’articulation stratégique des projets, leur structuration et leur capacité à répondre aux exigences des investisseurs.

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Dans ce contexte, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest se positionnent pour accueillir ces infrastructures critiques. Si des pôles se sont déjà affirmés, notamment à Dakar ou à Abidjan, un acteur encore relativement discret pourrait émerger dans la prochaine décennie : la Guinée.  

La révolution numérique africaine entre dans une nouvelle phase. Après l’essor de la connectivité mobile et des fintechs, le Continent voit désormais émerger un enjeu stratégique plus discret mais déterminant : celui des infrastructures de données. Les data centers sont devenus les piliers invisibles de l’économie numérique. Ils hébergent les services publics, les plateformes financières, les clouds d’entreprise et, de plus en plus, les données souveraines des États

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Ce qui se joue aujourd’hui est bien plus structurant : l’ESG entre dans une phase de judiciarisation globale, où les engagements sociaux, environnementaux et de gouvernance des entreprises deviennent des obligations juridiquement opposables, y compris pour des activités menées à des milliers de kilomètres du siège des sociétés mères.

Pendant longtemps, les politiques ESG des entreprises internationales opérant en Afrique ont été perçues comme des instruments de responsabilité volontaire ou des cadres de reporting destinés aux investisseurs. L’évolution récente du contentieux lié au devoir de vigilance, illustrée notamment par l’affaire visant le groupe Yves Rocher, montre que cette perception appartient désormais au passé Ce qui se joue aujourd’hui est bien plus structurant : l’ESG entre dans une phase de judiciarisation globale, où les engagements sociaux, environnementaux et de gouvernance des entreprises deviennent des obligations juridiquement opposables, y compris pour des activités menées à des milliers de kilomètres du siège…

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La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier un Appel à manifestation d’intérêt pour la conception et la mise en œuvre d’un Hub ESG africain, une plateforme digitale panafricaine destinée à structurer, fiabiliser et valoriser les données environnementales, sociales et de gouvernance du continent.

La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier un Appel à manifestation d’intérêt pour la conception et la mise en œuvre d’un Hub ESG africain, une plateforme digitale panafricaine destinée à structurer, fiabiliser et valoriser les données environnementales, sociales et de gouvernance du continent.

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Ces failles ne relèvent ni d’un déficit de compréhension normative, ni d’un rejet du principe de responsabilité. Elles résultent notamment de déséquilibres profonds entre l’importation de standards globaux, les réalités institutionnelles locales et les logiques économiques de survie.

La montée en puissance des normes ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) s’impose aujourd’hui comme un nouveau standard mondial de régulation économique. Pourtant, en Afrique, la conformité d’entreprise demeure traversée par des fragilités structurelles qui interrogent la capacité réelle de ces dispositifs à produire une transformation durable. Ces failles ne relèvent ni d’un déficit de compréhension normative, ni d’un rejet du principe de responsabilité. Elles résultent notamment de déséquilibres profonds entre l’importation de standards globaux, les réalités institutionnelles locales et les logiques économiques de survie. Premier frein majeur : l’asymétrie normative Les normes ESG sont majoritairement conçues dans les pays…

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La loi vient combler un vide juridique, souvent dénoncé par les parties prenantes locales et internationales. Si quelques grandes entreprises affichaient des engagements volontaires, le tissu économique national restait marqué par une hétérogénéité préjudiciable à la crédibilité et à l’impact des politiques RSE. Par cette réforme, l’Assemblée nationale – sous l’impulsion du député Awassi – opère un tournant législatif majeur : passer du “bon vouloir” à la “norme contraignante.”

Le 25 mars 2025, le Gabon a franchi un cap décisif en promulguant sa loi d’orientation sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Jusqu’alors cantonnée à certains secteurs – notamment le pétrole, les mines et la forêt –, la RSE bascule désormais d’une logique de volontariat à celle d’une obligation transversale, encadrée, et structurante pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur domaine d’activité.

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