Désormais, Medcem, une quatrième cimenterie devra challenger le marocain Addoha, le nigérian Dangote cement et le groupe Lafarge pour une offre globale de 5,6 millions de tonnes. Cet investissement turc de 17 milliards de CFA compte mettre annuellement 600.000 tonnes sur le marché.
Une quatrième cimenterie vient d’être officiellement inaugurée au Cameroun. La cérémonie qui a été présidée par le premier ministre Philémon Yang a eu lieu le 16 décembre à Douala la Capitale économique. C’est la troisième fois en moins de deux ans que Yang fait un déplacement identique pour bénir un investissement d’envergure. Cette fois, il vient donner l’onction gouvernementale à la cimenterie d’Eren holding Group.
Avant son lancement officiel le 16 décembre 2016, Medcem Cameroun, qui a coûté 17 milliards de FCFA à ses propriétaires, a d’abord rôdé ses machines pendant près d’un an. Et durant cette période, plus de 40.000 tonnes de ciment ont été mises sur le marché local, même si le holding turc ambitionne de ravitailler d’autres pays à l’instar du Tchad et de la République centrafricaine (RCA), deux pays qui, partiellement, dépendent de Douala sur le plan économique. Le Directeur général de Medcem, Taha Özbey, croit en ses potentialités. Son entreprise, martèle-t-il, produira 600.000 tonnes de ciment, fruit du travail des 200 employés directs. Dotée de deux doseuses et deux ensacheuses, cette usine entend jouer un rôle important dans le secteur des bâtiments et travaux publics de la sous-région Afrique centrale.
Avec l’entrée en service de cette 4e cimenterie, ce sont 5,6 millions de tonnes de ciment qui seront produites par Eren group via Medcem, et par trois autres cimenteries. Le marocain Addoha via Cimenterie d’Afrique (Cimaf) produit 500.000 tonnes, «extensible à 1 million de tonnes», selon le top management. Dangote Cement, quant à elle, livre 1,5 million de tonnes que le management compte étendre à 3 millions de tonnes. La plus ancienne unité cimentière, basée au Cameroun depuis 1963 et qui a régné pendant 48 ans sans la moindre concurrence – Cimenteries du Cameroun – (Cimencam), produit 2,2 millions de tonnes par an. Les besoins de consommation du ciment ont augmenté, ils sont estimés à 8 millions de tonnes par an au regard de la population et de l’engagement de nombreux projets structurants que connait le Cameroun. L’offre se diversifie donc. Ce qui reste statique, c’est le prix d’un sac de ciment 4 800 FCFA, pratiqué par tous les producteurs de ciment au Cameroun. Ce prix tutoie 5000 FCFA dans l’arrière-pays. Le gouvernement a souvent accusé les producteurs de ciment de complot, car les importations de ciment ont été interdites. «Le chef de l’Etat souhaite qu’il y ait le maximum d’investisseurs. C’est pour cela que nous ne nous lasserons jamais d’inviter les partenaires étrangers à faire confiance au pays, à le choisir comme terre d’investissement», explique Gérard Gamo, un responsable de la suite officielle du chef du gouvernement, qui s’est juste contenté de la phrase suivante: «je déclare ouverte la cimenterie Medcem Cameroun».
Carmen Railenu, la chargée de communication du groupe turc Eren Holding au Cameroun – propriétaire de Medcem -, explique les raisons du choix. «Nous avons choisi Douala grâce à son avantage géographique. C’est la porte d’entrée de la sous-région Afrique centrale. De plus, le Cameroun est un pays politiquement stable avec de fortes potentialités dans plusieurs domaines. A l’horizon 2035, je crois que le Cameroun sera émergent, peut-être même avant», se convainc cette femme, la trentaine entamée.


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