Guerre au Moyen-Orient : l’Afrique sous onde de choc
La guerre au Moyen-Orient bouleverse les routes maritimes mondiales, et l’Afrique en ressent rapidement les effets. Avec la mer Rouge devenue un corridor à risque, de nombreux cargos préfèrent éviter le détroit de Bab el-Mandeb, allongeant les trajets de 3 à 7 jours pour atteindre les marchés asiatiques ou européens. Cette désorganisation entraîne une explosion des coûts logistiques, pesant particulièrement sur les économies africaines dépendantes du commerce maritime. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le fret maritime pour l’Afrique de l’Est a augmenté de près de 18 % depuis janvier 2026, avec des hausses encore plus marquées pour les produits énergétiques et alimentaires.
Face à ce basculement des flux, les ports africains sont en première ligne. Djibouti, principal hub de la Corne de l’Afrique, voit son trafic container bondir de 22 % depuis le début de la crise. Le port de Mombasa au Kenya et celui de Dar es Salaam en Tanzanie doivent gérer un afflux inédit de navires contournant la mer Rouge. En Afrique de l’Ouest, le port d’Abidjan en Côte d’Ivoire et celui de Lomé au Togo deviennent des alternatives pour les importations de blé et de produits pétroliers transitant auparavant par Suez. Toutefois, ces infrastructures ne sont pas dimensionnées pour absorber durablement un tel surplus : congestion, retards, surcoûts et risques de stockage sont immédiats.
Impact sur le commerce africain
Le redéploiement des flux commerciaux affecte l’ensemble du continent africain. En Égypte, le contournement du Canal de Suez par les cargos alourdit la facture énergétique et ralentit les exportations de coton et de produits manufacturés. En Afrique australe, le Mozambique et l’Afrique du Sud enregistrent des retards pour le charbon et les minerais destinés à l’Asie. Les importations vitales – céréales au Sénégal, engrais au Nigeria, pièces industrielles au Maroc – subissent des délais plus longs et des coûts plus élevés, aggravant l’inflation et réduisant les marges des entreprises locales.
L’effet domino sur les chaînes logistiques
Le contournement de la mer Rouge provoque un effet domino. Le transport routier et ferroviaire en Afrique de l’Est est saturé, tandis que les ports de l’Afrique de l’Ouest peinent à stocker les conteneurs excédentaires. Les compagnies maritimes augmentent leurs tarifs, et les transitaires facturent des surcharges pouvant atteindre 15 à 20 % pour compenser les retards. Au Ghana et au Nigeria, les coûts supplémentaires sur les importations de pétrole, de céréales et de produits manufacturés sont immédiatement répercutés sur les consommateurs, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat.
Opportunités et limites d’un rééquilibrage
Si certains pays africains peuvent tirer parti de cette réorganisation, les limites sont évidentes. Le Maroc et l’Afrique du Sud cherchent à développer leurs hubs portuaires pour attirer davantage de trafic, tandis que Djibouti et le Kenya investissent dans l’extension de terminaux et la modernisation des infrastructures. Mais l’ampleur des investissements nécessaires et le temps requis pour renforcer la capacité portuaire et logistique montrent que l’effet domino pourrait perdurer plusieurs mois, voire des années, perturbant durablement le commerce intra-africain et mondial.





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