Le Maroc confirme son leadership continental en matière de protection de la propriété intellectuelle en 2026, selon l’International Intellectual Property Index. Classé 22e mondial, le Royaume se distingue par la solidité de son cadre juridique, malgré des lacunes en matière d’application des règles
Le Maroc s’impose, pour la quatrième année consécutive, comme le pays africain le plus performant en matière de protection de la propriété intellectuelle, selon l’édition 2026 de l’International Intellectual Property Index, publié par le Global Innovation Policy Center, un think tank affilié à la Chambre de commerce des États-Unis.
Avec un score de 59,19 points sur 100, le Royaume occupe la 22e place sur 55 économies représentant près de 90 % du PIB mondial. Ce classement repose sur 53 indicateurs couvrant notamment les brevets, les droits d’auteur, les marques, les dessins et modèles, ainsi que l’application des réglementations et l’adhésion aux traités internationaux.
Un cadre juridique solide et reconnu
La performance du Maroc s’appuie principalement sur la robustesse de son système de protection des brevets et des droits connexes. Le pays bénéficie également de son engagement dans plusieurs conventions internationales structurantes, telles que le Traité de Singapour sur les droits des marques et l’Acte de Genève de l’Arrangement de Lisbonne, qui a modernisé la protection des appellations d’origine et élargi leur champ aux indications géographiques.
Ces avancées contribuent à renforcer l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs et des entreprises innovantes, en garantissant un environnement juridique plus sécurisé pour la valorisation des actifs immatériels.
Des faiblesses dans l’application des règles
Malgré ces acquis, des insuffisances persistent. Le rapport pointe notamment des difficultés dans l’application effective des lois relatives à la propriété intellectuelle. Les niveaux élevés de contrefaçon et de piratage, tant physique que numérique, continuent de peser sur l’efficacité du dispositif.
Par ailleurs, l’absence de mesures incitatives spécifiques pour encourager le développement de médicaments orphelins illustre les marges de progression du système marocain.
Une Afrique encore en retrait
À l’échelle du continent, le Maroc devance nettement ses pairs. Le Ghana arrive en deuxième position africaine, mais seulement au 38e rang mondial, avec un score de 39,25 points. Il est suivi par le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte et l’Algérie, confirmant le retard global de l’Afrique en matière de protection des droits de propriété intellectuelle.
Un recul global des performances
Au niveau mondial, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Suède dominent le classement avec des scores supérieurs à 91 points. Toutefois, le rapport souligne une tendance préoccupante : aucune des 15 premières économies n’a amélioré sa performance en 2026, et plusieurs pays européens ont enregistré un recul.
Au total, seuls 20 pays ont progressé cette année, un signal qui alerte sur la nécessité de renforcer les politiques publiques en matière de propriété intellectuelle. Pour les experts, ce levier reste essentiel pour stimuler l’innovation, améliorer la compétitivité et soutenir une croissance économique durable.





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