La 4ème conférence des ambassadeurs africains organisée par AfricaPresse et CAPP en partenariat avec AFRIJAPAN s’est tenue le 28 juin à Paris.
C’était l’occasion pour le corps diplomatique africain, français et japonais présent de faire un bilan de la coopération japonaise sur le continent, en prélude au TICAD8 qui aura lieu les 27 et 28 août 2022 à Tunis.
JICA : quel bilan après 48 ans de coopération.
Fondée en 1974, la Japan Iminternational cooperation agency (JICA) est l’agence japonaise chargée de l’exécution de l’aide au développement. Elle investit dans les secteurs clé du continent tels que l’éducation, la santé, l’agro-industrie ou encore les infrastructures. Aujourd’hui, présente dans 31 pays, elle collabore avec tous les pays du continent. Elle appuie son action à travers la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) lancée en 1993. Par ailleurs, le Japon est aujourd’hui le deuxième actionnaire non africain de la Banque africaine de développement (BAD) mais également le Quatrieme contributeur en terme cumulatif au Fonds africain de développement (FAD) : «Au cours des dernières années, le Japon a contribué au total pour près de 4,76 milliards de dollars à ce fonds. C’est aussi le plus grand fournisseur de prêts concessionnels au profit des pays les plus vulnérables du continent», a précisé Yacine Fall, Vice-présidente de la Banque africaine de développement dans son allocution.

Lors de la 7ème édition du TICAD en 2019, plus de 72 milliards de yens (plus de 500 millions de dollars) ont été investis par le Japon dans le secteur des infrastructures en vue de renforcer la connectivité entre les pays du continent. Cela a permis aussi d’offrir des soins de santé de qualité à 6 millions d’enfants africains et de former 23.000 personnes dans les secteurs de la santé : «La dernière édition du TICAD tenue à Yokohama a réuni 53 délégations africaines dont 42 chefs d’États présents. Le Japon investit massivement dans la transformation structurelle du continent africain. En effet, plus de 260.000 jeunes africains ont bénéficié de formations dans divers secteurs liés à l’agro-industrie», a précisé SEM Junichi IHARA, ambassadeur du Japon en France . En tout, plus de 226 milliards de yens (environ 2 millions de dollars) avaient été investis au total par la JICA lors de l’AF 2020.
Cependant, les africains réclament davantage des partenariats gagnant-gagnant que de l’ «aide au développement».
Au-delà de l’aide, le financement du développement
Le continent africain reste l’un des rares endroits offrant les meilleurs relais de croissance aux investisseurs. En effet, en 2019 avant la crise, le taux de croissance du PIB était en moyenne de 4% environ pour l’ensemble des 54 pays du continent. Un pays comme l’Éthiopie affichait un taux de croissance de 8,2% en 2019 : «L’Afrique est aujourd’hui un continent convoité[…].Il est depuis plus d’une décennie au centre d’un rapport de forces et d’influences des pays développés et des nouvelles puissances émergentes. L’avenir du monde s’y joue», a rappelé Mohamed Benchâaboun, ambassadeur du Maroc en France.
Selon les statistiques récentes de la Banque africaine de développement, les besoins de financement des infrastructures du continent s’élèvent à 170 milliards de dollars d’ici 2025. Cela appelle davantage les investisseurs à tisser des partenariats public-privé que de proposer des plans d’aides : «Le concept d’aide est aujourd’hui totalement révolu. Les pays africains s’inscrivent dans une logique de financement du développement. Ils empruntent pour financer leur développement», a insisté Yacine Fall. Il urge que les partenaires à ce développement s’investissent davantage dans les secteurs porteurs de croissance notamment dans le secteur privé.
Les initiatives telles que le projet NINJA (Next innovation with Japan), axé sur le financement des startups en Afrique doivent davantage s’intéresser aux secteurs générateurs de croissance tels que l’agro-alimentaire, la logistique ou encore la digitalisation des processus.
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