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Côte d’Ivoire : Les problématiques du financement à long terme

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La question du financement des grands projets demeure un casse-tête pour les pays africains en général. En effet, ces pays se trouvent toujours face au dilemme entre financement de leurs programmes et endettement public. La Côte d’ivoire n’en fait pas exception.

Le rapport intitulé «initiative de financement à long terme en Côte d’ivoire », fruit de la collaboration entre la Banque africaine de développement (BAD), le Financial Sector Deepening Initiative in Africa (FSD Africa), la GIZ et le partenariat «Making Finance Work for Africa », fut au cœur d’un atelier ce vendredi 14 février à l’hôtel Pullman d’Abidjan.

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Mory Soumahoro État des lieux du financement à long terme

Le financement à long terme est défini selon le rapport, objet de l’atelier comme «un financement destiné à soutenir les investissements à moyen et à long terme des entreprises, des ménages et des gouvernements dans l’économie réelle d’un pays donné ». Selon les chiffres officiels, la dette publique ivoirienne s’élevait à 

12.105,30 milliards FCFA fin 2019. Un diagnostic de la dette ivoirienne indiquait par ailleurs que la part de la dette extérieure s’élevait à 8.063 milliards soit 67% de la dette publique contre 33% de dette intérieure. Quant aux créanciers de l’État ivoirien, ce sont à 51% les porteurs de titres de créances, à 17,4% les partenaires bilatéraux, à 24,6% les partenaires multilatéraux et à 7% d’autres partenaires.

Même si la dette publique ivoirienne, à 46,60% du PIB, reste en dessous du seuil communautaire convenu avec les autres pays de l’UEMOA soit 70%, il n’en demeure pas moins que sa progression au cours des dernières années donne matière à inquiétude. En effet, elle aura pratiquement triplé entre 2012 et 2019. L’une des raisons de cette progression galopante en est le financement des infrastructures. L’année dernière le pays a eu notamment recours aux eurobonds pour une valeur de 1,7 milliard d’euros pour financer ces infrastructures (routes, ponts, ports…). Or, comme l’a rappelé Michael Fuchs, conseiller principal du secteur financier et auteur principal dudit rapport, l’idéal serait que le financement à long terme (FLT) soit assuré par le marché intérieur. “Le FLT assuré par le marché intérieur a plusieurs avantages notamment en matière de coûts des investissements”. Le rapport identifie sept obstacles au financement à long terme en Côte d’ivoire.

Les obstacles au FLT en Côte d’Ivoire

Les sept obstacles au Financement à long terme(FLT) en Côte d’Ivoire identifiés par le rapport sont, le financement et l’éviction par l’État, le cadre de régulation bancaire , la délivrance de titres fonciers, les politiques relatives aux terrains et logements abordables, l’échange d’informations sur le crédit et les garanties, la question des Partenariats publics privés (PPP) et le financement du développement et enfin l’intermédiation sur les marchés financiers domestiques.

Le rapport invite l’État ivoirien à des réformes structurelles visant soutenir l’épargne publique. En effet, seule une épargne intérieure forte peut durablement doper l’investissement à travers le crédit aux entreprises et par ricochet élargir l’assiette fiscale de l’État. “L’essentiel des dépôts des banques de Côte d’ivoire est constitué par l’épargne des ménages”, rappelait lors de son intervention Mory Soumahoro, conseiller technique du ministre de l’Économie et des finances. Par ailleurs concernant les marchés financiers, la question de la transparence est soulevée. Il y va de la profondeur et de la liquidité de ces marchés. Enfin, le rapport invite l’État ivoirien à réformer le cadre des PPP. Cela passe par des politiques gouvernementales de promotion de l’accès au foncier et au logement à coûts abordables.

 

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