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Le coût de la peste du siècle

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La pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) s’installe dans la durée. L’espoir suscité par l’utilisation des vaccins se dissipe face à l’occurrence pandémique d’un fléau encore entouré de mystères quant à son origine, à son mode de transmission et le moyen de le vaincre. Comme la peste, elle se propage avec force, se rétracte pour repartir plus intensément. Déjà 4 millions de morts à ce jour… et ce chiffre est appelé à augmenter, avec l’apparition des variants accélérant la cadence des contaminations.

Le coût économique de la pandémie est tout aussi faramineux. Le Covid-19 a plongé dans le rouge les économies du monde entier. Les pays du G7, regroupant les plus grands États industriels, ont d’ailleurs débloqué des plans de relance sans précédent pour faire face à une contraction de leurs économies de 4,2 % en moyenne pendant la pandémie. La France a ainsi débloqué une enveloppe de 100 milliards d’euros irriguant tous les secteurs d’activité de l’Hexagone. Les Etats Unis, repris en main par Joe Biden, après le sulfureux mandat de Trump, ont déclenché un plan de relance de 1 900 milliards de dollars. La Banque mondiale évoque un engagement de 150 milliards de dollars de financements pour lutter contre les conséquences sanitaires, économiques et sociales de cette crise. Des dépenses en augmentation de 50%, depuis avril 2020, pour faire face à l’urgence sanitaire mais aussi venir en aide aux pauvres, dans les économies faibles, et protéger les emplois.

En Afrique, l’espoir d’être un continent moins touché que les autres, s’estompe. En 2021, et alors que l’Afrique compte actuellement pour 1% des 2,1 milliards de doses de vaccin administrées dans le monde, la pandémie repart à la hausse dans certains pays du continent. Si le coût humain reste «raisonnable» par rapport aux centaines de milliers de morts enregistrés dans des pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, l’impact social et économique sera important en Afrique.

Entre 28,2 et 49,2 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté, s’ajoutant aux 425,2 millions de personnes vivant déjà dans l’extrême pauvreté.

La Banque africaine de développement (BAD) dans le rapport Perspectives économiques en Afrique 2020 indiquait que, dans le contexte du Covid-19, le PIB africain devrait se contracter de 1,7% en 2020 et aller jusqu’à 3,4% si la pandémie se poursuit au-delà du premier semestre 2020. Un an déjà et la pandémie est toujours là.

Mais l’impact de cette crise sanitaire sur l’économie mondiale n’est qu’un avant-goût de ce que pourrait coûter le changement climatique.

La reprise attendue pour 2022-2023 se veut un rattrapage de l’avant Covid-19 et, selon les calculs de l’ONG Oxfam, la perte potentielle de PIB due au changement climatique sera deux fois plus importante que celle enregistrée pendant la pandémie. Le G7 perdrait ainsi 5 milliards de dollars par an, soit 8,5 % de son PIB, d’ici 2050, si les températures augmentent de 2,6 °C.

Une problématique déclassée aujourd’hui à cause des impératifs de la relance. A la veille de la tenue de la Cop 26 à Glasgow, en novembre prochain, la question hiberne, jusqu’à nouvel ordre. La cofinance climat est supportée par les pays riches mais ce sont les pays émergents ou en développement qui abritent deux tiers de la population mondiale, génèrent 90 % de la croissance des émissions et reçoivent 20 % seulement des financements consacrés aux énergies propres ! Alors que l’humanité n’a plus qu’une décennie pour agir, la persistance de la pandémie recule l’horizon de la relance attendue.

Ainsi l’humanité qui évolue plus que par le passé en avenir incertain, est contrariée par une pandémie qui constitue un défi implacable pour la recherche et développement (R&D) dont deux caractères essentiels (nouveauté, créativité) sont inhibés par celui de l’incertitude.

La vaccination massive, «carte maîtresse» dans cette course contre la montre, face à la propagation des variants, serait le seul rempart contre le risque d’une 4ème vague plus rapide que les autres, voire d’un état de siège permanent que le Covid-19 imposerait à l’humanité, pour vivre avec, comme c’est le cas pour d’autres affections graves (sida) apparues au siècle précédent.

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