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Grand entretien – Drissa Nassa, PDG de Coris Bank

« Le développement à l’international est un pilier de notre stratégie »

 Que ce soit le partenariat fructueux qui le lie à la BOAD ou son rôle dans le financement de la TPE/PME, Drissa Nassa, PDG de Coris Bank International décline sa stratégie.

 

Drissa NassaAFRIMAG : Vous avez signé une convention avec la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) au terme de laquelle elle met à la disposition de Coris Bank International (CBI), une ligne de refinancement à court terme de 6 milliards de FCFA pour vous permettre de financer la campagne de la Société burkinabé de fibres textiles (SOFITEX). C’est la première fois que la BOAD accorde à une banque primaire pour le refinancement de concours octroyés à des entreprises sur courte maturité. Comment expliquez-vous cela ?

Drissa Nassa : Cela s’explique par le fait que la BOAD et CBI partagent un idéal : celui de pouvoir contribuer, à des niveaux différents certes, au développement économique de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA) mais aussi par une volonté de la BOAD de renforcer les capacités d’intervention de notre Banque à l’endroit des PME. Ce qui témoigne de la confiance qu’elle a placée en notre institution. Cette ligne de refinancement représentant 49% de la contribution de CBI au financement de la campagne 2014-2015 de la Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX), est la première du genre que la BOAD a bien voulu accorder à une banque primaire. C’est donc à juste titre que, le Président Christian Adovelande, à la signature de la convention le 16 avril à Lomé l’a qualifiée de « jalon supplémentaire dans le sens du renforcement du partenariat déjà très fructueux et étroit qui lie les deux institutions ».

Ce nouveau concours de la BOAD s’inscrit dans la suite de son entrée dans l’actionnariat de CBI, puis de l’octroi de deux lignes de refinancement à moyen terme, respectivement de 4 milliards de FCFA, et de 10 milliards de FCFA. Au-delà de ces contributions financières, quels sont les autres appuis de la BOAD à la CBI ?

Au-delà de l’octroi de lignes de refinancement, la BOAD est pour nous un partenaire stratégique dont l’expertise et l’accompagnement sont appréciés à leur juste valeur.

La CBI se positionne aujourd’hui au rang de 2ème banque en termes de total bilan et de 1ère banque en termes de rentabilité en 2014, au Burkina Faso. Dans cette dynamique, vous vous êtes lancé depuis 2013, dans une expansion sous-régionale avec des ouvertures de filiales en Côte d’Ivoire, au Mali et au Togo. Quels sont aujourd’hui les objectifs de CBI à ce niveau ?

Depuis sa création CBI a mis en œuvre une stratégie de croissance rentable qui lui a permis de s’affirmer comme un acteur incontournable du système bancaire burkinabè. Nous entendons consolider cette stratégie dont l’un des piliers est le développement à l’international avec comme objectif de se positionner comme le partenaire de référence des PME/PMI de l’Afrique et plus particulièrement de la zone UEMOA.

Comment se portent vos filiales africaines depuis leur implantation ?

Elles se portent très bien et présentent de bonnes perspectives. En effet, nos filiales ont fortement contribué à la bancarisation des populations et au financement de l’économie de leur pays d’implantation. Ce qui a eu des effets positifs sur les résultats qui sont ressortis excédentaires en 2014 et témoigne d’une intégration réussie dans ces nouveaux marchés.

CBI Togo, lancée en février 2015, s’inscrit dans cette dynamique.

Le financement des PME, qui constituent quasiment le tissu des entreprises en Afrique, est un casse-tête à cause de l’insuffisance de moyens qui leurs sont dédiés au sein des banques. Or, Coris Bank se définit comme une banque des PME et TPE au Burkina mais également en Côte d’Ivoire, au Mali… Arrivez-vous à jouer pleinement ce rôle ?

Oui nous arrivons à jouer pleinement ce rôle au regard des enveloppes consacrées aux TPE/PME. Rien qu’en 2014 près de 100 milliards de francs CFA ont été distribués à cette clientèle au Burkina, 55 milliards en Côte d’Ivoire et 8 milliards au Mali en 5 mois d’activité. Il faut dire que les TPE/PME sont au cœur de notre stratégie confortée par notre connaissance du milieu des affaires.

Afin de répondre de façon globale aux besoins de la clientèle, nous avons étendu notre champ d’activités à des métiers transversaux à la banque avec la création de Coris Bourse, Coris Assurances (IARD et Vie) et Coris Capital. Aussi, pour une offre plus inclusive, la Banque s’est lancée dans la finance islamique à travers la mise en place d’une ‘‘fenêtre’’. Nous sommes persuadés que ces initiatives contribueront à faire de CBI un acteur au service du développement économique du continent africain.

A quand l’entrée de CBI en bourse ?

Notre Banque se prête à l’exercice de la notation financière depuis 2014. Elle s’est vue attribuer par West Africa Rating Agency (WARA) les notes de référence à long terme « BBB » et à court terme «w-4», avec perspective stable. C’est déjà un pas important vers l’entrée en bourse

Que faites-vous aujourd’hui dans la responsabilité sociale des entreprises ?

La création de la Fondation Coris est un témoin éloquent de notre volonté de contribuer au bien-être des populations des pays dans lesquels nous sommes implantés. La Fondation a octroyé un soutien financier au ministère de la Santé dans chaque pays d’implantation (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali) dans le cadre de la lutte contre la maladie à Virus Ebola. Aussi, elle a placé le volet social au cœur des « Coris days » et noué un partenariat avec la Maison de l’Entreprise afin de promouvoir l’entreprenariat jeune et à travers lequel la Fondation Coris met à la disposition des jeunes porteurs de projets d’entreprise cinq cent millions de FCFA sur 5 ans.

Banque & Finance Coris bank Drissa Nassa

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