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Accueil - Banque & finance - Guinée équatoriale | Investissements : pourquoi la BADEA mise sur Ciudad de la Paz pour renforcer son influence en Afrique

Guinée équatoriale | Investissements : pourquoi la BADEA mise sur Ciudad de la Paz pour renforcer son influence en Afrique

Miché DaréPar Miché Daré5 août 2026 Banque & finance
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La visite officielle en Guinée équatoriale de la délégation de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), conduite par son président, Abdallah Al-Musaibih, s'est conclue par la signature de deux accords à forte portée stratégique.
Malabo, août 2026, le Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale reçoit Abdallah Al-Musaibih, président de la BADEA

En finançant les infrastructures électriques de Ciudad de la Paz, la nouvelle capitale de la Guinée Équatoriale, et en accompagnant la participation de ce pays pétrolier de l’Afrique Centrale au renforcement du capital de Shelter Afrique Development Bank, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) confirme sa montée en puissance sur le continent. Derrière ces deux accords se dessine une stratégie plus large : accompagner les priorités de développement des États africains tout en consolidant l’influence financière du monde arabe dans un contexte de recomposition des partenariats internationaux.

La visite officielle en Guinée équatoriale de la délégation de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), conduite par son président, Abdallah Al-Musaibih, s’est conclue par la signature de deux accords à forte portée stratégique.

Deux accords, une même ambition : accompagner la transformation de la Guinée équatoriale

Au-delà de leur dimension financière, ces engagements illustrent le rapprochement entre Malabo et cette institution multilatérale, qui entend jouer un rôle croissant dans le financement des infrastructures africaines.

A travers la signature des deux accords, la BADEA annonce son engagement à financer des projets stratégiques à fort impact sur le développement durable et à renforcer ses partenariats avec les pays africains.

Le premier accord concerne le financement d’un projet électrique à Ciudad de la Paz, la future capitale administrative du pays. Pensée depuis plusieurs années comme le symbole d’une nouvelle étape du développement national, cette ville, située au cœur du territoire continental, doit progressivement accueillir les principales institutions de l’État, aujourd’hui concentrées à Malabo.

Pour les autorités équato-guinéennes, le projet répond à une double logique. D’une part, il s’agit de désengorger une capitale insulaire confrontée à des contraintes géographiques. D’autre part, le transfert des administrations vers le continent est présenté comme un levier d’intégration territoriale et de diversification économique, dans un pays dont la croissance est longtemps restée dépendante des revenus pétroliers.

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Mais Ciudad de la Paz soulève également des interrogations. Comme d’autres mégaprojets urbains lancés sur le continent, la nouvelle capitale devra démontrer sa capacité à attirer durablement populations, administrations et investisseurs. Sans une activité économique suffisante et des services publics pleinement opérationnels, le risque existe de voir émerger une ville aux infrastructures ambitieuses mais sous-utilisées. C’est précisément dans cette perspective que les investissements dans les réseaux électriques apparaissent comme une condition préalable au succès du projet.

Shelter Afrique : un signal en faveur du financement du logement

Le second accord traduit une autre facette de la stratégie de Malabo. La BADEA accompagnera la contribution de la Guinée équatoriale à l’augmentation du capital de Shelter Afrique Development Bank, institution panafricaine spécialisée dans le financement du logement abordable et du développement urbain.

Ce soutien dépasse le simple cadre financier. Il témoigne de la volonté de la Guinée équatoriale de s’inscrire davantage dans les mécanismes africains de financement du développement, alors que le déficit en logements se chiffre à plusieurs dizaines de millions d’unités sur le continent et que l’urbanisation figure parmi les principaux défis des prochaines décennies.

En renforçant Shelter Afrique, Malabo participe à un effort collectif visant à mobiliser davantage de capitaux pour les projets immobiliers et urbains, un secteur désormais considéré comme un moteur de croissance, de création d’emplois et de stabilité sociale.

La BADEA accélère sa stratégie africaine

Ces deux accords s’inscrivent dans une dynamique plus large. Depuis plusieurs années, la BADEA multiplie les interventions dans les domaines de l’énergie, des transports, de l’eau, de l’agriculture et du développement urbain. Longtemps perçue comme un bailleur discret, l’institution basée à Riyad cherche désormais à accroître sa visibilité et son impact dans un paysage africain où la concurrence entre partenaires financiers internationaux s’intensifie.

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Face à la montée en puissance des banques multilatérales africaines, aux investissements chinois, aux initiatives des pays du Golfe et au retour de nouveaux acteurs du financement du développement, la BADEA mise sur des projets structurants capables de produire des effets économiques rapides tout en renforçant les liens entre les pays arabes et l’Afrique subsaharienne.

Sa stratégie consiste moins à concurrencer frontalement les grands bailleurs qu’à intervenir sur des projets où son expertise et ses financements concessionnels peuvent jouer un effet de levier, en mobilisant d’autres partenaires publics et privés.

Au-delà des financements, un enjeu d’influence

Pour la Guinée équatoriale, ces accords interviennent à un moment charnière. Le pays poursuit ses efforts de diversification économique afin de réduire sa dépendance aux hydrocarbures, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés énergétiques et l’impératif de moderniser ses infrastructures.

Pour la BADEA, l’enjeu est tout aussi stratégique. En soutenant des projets emblématiques comme Ciudad de la Paz et en accompagnant des initiatives continentales telles que Shelter Afrique, l’institution affirme sa volonté de devenir un acteur incontournable du financement du développement africain.

Cette montée en puissance traduit une évolution plus profonde des rapports entre l’Afrique et ses partenaires. Désormais, les institutions financières ne se contentent plus de financer des infrastructures : elles cherchent également à peser sur les trajectoires de développement, à construire des partenariats de long terme et à renforcer leur influence économique et diplomatique sur un continent appelé à jouer un rôle central dans les équilibres mondiaux des prochaines décennies.

Par Miché Daré, Correspondant Permanent
 217-218 BADEAGuinée Equatoriale Abdallah Al-Musaibih Teodoro Nguema Obiang Mangue Teodoro Obiang Nguema Mbasogo Centrale électrique Financement Infrastructure Investissement

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