Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Entretien du mois : Jan Pieter Cools Managing, Director Siemens Gamesa Morocco

Entretien du mois : Jan Pieter Cools Managing, Director Siemens Gamesa Morocco

L’usine de pales pour éoliennes de Siemens Gamesa Morocco continue sa montée en puissance. Les exportations se succèdent pour cette entité inaugurée en octobre 2017.

Son Directeur général, Jan Pieter Cool, expose les ambitions de la filiale du groupe allemand.

“L’Afrique avec son dynamisme économique affirmé est une réelle opportunité pour Siemens Gamesa Morocco”

 

Pales pour éoliennes de SIEMENS

Pales pour éolienne produites par l’usine de Siemens Gamesa Morocco

 

AFRIMAG : Lors de l’entretien que vous nous aviez accordé en juin 2016, à la même période qu’aujourd’hui, vous nous appreniez le lancement de la construction de votre usine de production de pales pour éoliennes à Tanger.

Depuis son entrée en production, quel a été le niveau d’accompagnement de Siemens Gamesa du secteur des énergies renouvelables au Maroc ?

Jan Pieter Cools Managing Director Siemens Gamesa Morocco (3)Jan Pieter Cools : Pour nous, le choix de construire une usine à Tanger s’est d’abord porté sur plusieurs critères d’ordre stratégiques. Parmi lesquels, nous pouvons citer la stabilité politique du pays, la transparence juridique, des infrastructures de qualité et une politique macroéconomique saine et généralement cohérente.  

L’autre raison déterminante qui a guidé notre choix fut l’énorme potentiel de l’énergie éolienne au Maroc, et la stratégie de son gouvernement visant à le développer.

Ainsi nous accompagnons le Maroc dans son programme ambitieux d’atteindre 52% d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, dont 20% en éolien.

Fin 2018, nous avons ainsi pu livrer le premier parc éolien, Aftissat, de 200 MW, équipé de pales produites à Tanger.

L’usine constitue une source d’emploi majeure dans la région. Nous avons recruté et formé presque 700 personnes dont 95% sont de nationalité marocaine. Nous comptons des ouvriers qualifiés avec plus de 300000 heures de travail sur le terrain formés par notre personnel danois possédant une large palette d’expériences et d’expertises, jusqu’aux ingénieurs hautement qualifiés, en passant par le personnel spécialisé dans la logistique et la planification. L’expérience et l’avancement du projet nous ont permis d’instaurer une ligne de production additionnelle d’un autre type de pale cette année. Cela a occasionné le recrutement de la main d’œuvre supplémentaire.

Ceci étant, nous sommes contents de pouvoir dire que 95% de notre ingénierie est fournie par des entreprises marocaines. Et notre niveau d’accompagnement vise à atteindre un taux d’intégration industriel local le plus élevé possible.

Cette usine est également conçue pour exporter vos produits et votre SAV vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Quel bilan pourriez-vous en tirer aujourd’hui après plus de deux ans d’exercice ?

Le Port de Tanger Med et sa situation géographique permettent à notre usine un accès fluide et une ouverture assurée vers les destinations nationales mais aussi internationales. Nous avons ainsi pu exporter nos pales depuis l’ouverture de l’usine par voie maritime en Espagne, en Italie, en Norvège et en Suède.

D’ailleurs, l’une de nos plus grandes réalisations en 2018 a été l’achèvement des premières pales exportées en Suède en moins de 72 semaines après le démarrage de notre usine. Depuis, notre structure a étendu son plan de production par l’introduction d’un nouveau modèle de type G123 en plus du type B63 produit avec succès pour des projets locaux et internationaux.

Depuis votre usine de Tanger, quel plus pourriez-vous apporter au marché africain des énergies renouvelables ?

La région Afrique avec un dynamisme économique affirmé est une réelle opportunité pour nous. Quelque 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne n’ont pas toujours  accès à l’électricité. L’Afrique, de façon globale, a intérêt à réduire sa dépendance envers les ressources fossiles importées pour moins de pression sur la balance de paiements.

Nous sommes déterminés à aider le continent africain à accélérer sa croissance économique. Cela passe d’abord par l’accès à l’électricité propre d’un nombre croissant d’Africains mais aussi en permettant une intégration de la chaîne de valeur la plus locale possible dans les pays où nous opérons. Ensuite, il est important de nous rapprocher de nos clients afin de faciliter des économies de coûts.

Enfin, Tanger est idéalement bien placée pour jouer cette proximité nous permettant d’approvisionner des pays africains avec des coûts moindres. En implantant au Maroc la première usine de pales éoliennes dans toute la région Afrique et Moyen Orient, nous confirmons notre engagement de développer des compétences locales pour pouvoir apporter notre plus à une croissance économique durable en Afrique.

En 2016, un rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables estimait que d’ici 2025, les coûts moyens de l’électricité pourraient baisser de 59% pour l’énergie solaire photovoltaïque et de 43% pour le solaire thermique à concentration. Pour l’éolien offshore, ils baisseraient de 35% et pour l’éolien onshore de 26%. Trois ans se sont déjà écoulés depuis la sortie de ce rapport. Ces trends baissiers prévus sont-ils toujours maintenus ? Et comment l’expliquez-vous

Effectivement l’évolution technologique ne fait que croître ! Dans le domaine de l’éolien, les dimensions des pales, des tours et des génératrices continuent à augmenter. On parle dorénavant de pales de plus de 75 m en deux pièces, de tours “hybrides” acier/béton de plus de 150 m et des capacités génératrices de plus de 5MW par turbine.

Grâce à la digitalisation, la productivité augmente sensiblement. Mis à part leurs dimensions grandissantes, nos turbines sont de plus en plus intelligentes. Les données captées par des centaines de senseurs intégrés dans nos turbines sont mis en relation par des systèmes experts qui assurent la production optimale de chaque turbine tenant en compte toutes les charges subies dans son emplacement spécifique.

Il faut cependant signaler que la réduction progressive des coûts de production des énergies renouvelables est en partie compensée par les coûts associés avec l’instabilité du réseau qu’elles provoquent. Les énergies renouvelables sont produites par des forces naturelles variables et imprévisibles. Ceci crée des problèmes pour la stabilité des réseaux qui ont besoin d’une alimentation soutenue et constante. Le problème se réduit quand ces forces naturelles se compensent, par exemple si le soleil brille tandis que le vent ne souffle pas ou vice versa. Ou bien si des parcs éoliens soumis à différents régimes de vents se compensent.

Dans tous les cas de figure, des mécanismes de stockage pour réguler les déséquilibres entre production et demande d’électricité sont nécessaires, quand la production est forte sans rencontrer la demande qui peut l’absorber.

Généralement nous pensons que la meilleure solution pour limiter ces coûts de stabilité de réseau est de combiner des parcs éoliens et solaires qui ont des structures de production complémentaires dans un système intégré. Nous avons développé des solutions “hybrides” en combinaison avec un dispositif de stockage. Ces solutions établissent à chaque moment des priorités en termes de production et de stabilisation de réseau. Et de cette façon permettent d’optimiser à chaque moment le coût global de production en corrigeant les déséquilibres et instabilités que le réseau ne serait pas capable de gérer par chaque source d’énergie prise à part.

Energies renouvelables Jan Pieter Cools Siemens Gamesa Morocco

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Impulse