L’euro a chuté lundi 5 octobre à son plus bas niveau en dix-sept mois face au dollar. Les inquiétudes concernant la capacité de la France à maîtriser son déficit budgétaire et la forte vente d’obligations la semaine dernière ont ravivé les craintes d’un retour de la dynamique de crise de la dette souveraine dans la zone euro. Pour les pays africains de la zone CFA, un euro affaibli face au dollar signifie un renchérissement de la facture des importations, notamment les produits pétroliers et le blé, dont les marchés sont essentiellement libellés en dollar.
L’écart de rendement entre les obligations françaises et les Bunds (obligations allemandes), valeurs refuges — indicateur de marché de la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française — s’est creusé à environ 150 points de base vendredi, son plus haut niveau depuis la crise de la dette souveraine de la zone euro en 2011, avant de se replier à 140 points de base.
Les obligations d’État françaises sont sous pression : les anticipations de taux directeurs plus élevés et l’incertitude politique croissante à l’approche de la présidentielle de 2027 jettent le doute sur la capacité de la deuxième économie de la zone euro à assainir durablement ses finances publiques. L’écart de rendement s’établissait ensuite à 145,50 points de base, en hausse de cinq points.
L’euro a chuté jusqu’à 1,1161 dollar pendant les heures de marché asiatiques, son plus bas niveau depuis mai 2025, et s’établissait en dernier lieu à 1,1118 dollar, en baisse de 0,62 %. La devise européenne a enregistré vendredi sa quatrième semaine consécutive de baisse face au dollar, sa plus forte en environ quatre mois.
« La dynamique actuelle du marché obligataire est de plus en plus préoccupante et rappelle quelque peu une crise de la dette souveraine. L’accélération de la vente massive d’obligations assimilées du Trésor (OAT) et le repli vers des valeurs refuges comme les Bunds observés vendredi en sont un bon exemple », décrypte Hauke Siemssen, stratégiste chez Commerzbank.
La vente massive de spreads français semble s’auto-alimenter de plus en plus, créant un contexte de marché dangereux, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il existe une justification fondamentale à des spreads OAT plus larges.





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