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Kenya : William Ruto ose l’impôt sur la fortune !

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Si le président kényan va au bout de sa promesse électorale, son pays deviendra le premier en Afrique à instituer l’impôt sur la fortune (ISF).

William Ruto, a annoncé en fin de semaine dernière qu’il allait instaurer un impôt sur les grandes fortunes et les personnes à haut revenu au moment où son gouvernement cherche à réduire le recours à la dette dont le service pèse très lourd sur les finances de l’Etat.  

«Le gouvernement augmentera l’impôt sur les richesses accumulées par les Kényans les plus nantis plutôt que d’obtenir des fonds supplémentaires auprès des travailleurs et des commerçants», s’est engagé le chef de l’Etat kényan dans un discours devant le Parlement. «Nous surimposons le commerce et sous-imposons la richesse. Nous allons proposer des mesures fiscales à même de nous faire avancer dans la bonne direction», a-t-il lancé aux députés. 

Impôt sur la valeur nette de la richesse

Le futur impôt sur la fortune sera calculé sur la base de la valeur nette de la richesse des personnes concernées, après déduction des dettes. Il devrait s’appliquer à tous les biens tels que l’argent liquide, les investissements, la propriété d’entreprises, les biens immobiliers et d’autres actifs. Les contribuables concernés devront payer cet impôt chaque année, en fonction de la valeur actualisée de leurs actifs. Selon des experts à Nairobi, le rendement de l’ISF kényan pourrait vite se heurter aux difficultés de la traçabilité et l’opacité sur les revenus et les avoirs financiers des familles les plus riches du pays. L’autre risque immédiat est de voir ces «fortunés» faire sortir en clandestinité leurs capitaux à l’étranger, notamment à Dubaï devenue le hub mondial du blanchiment des capitaux.

Durant la dernière campagne de la Présidentielle, William Ruto qui a affirmé avoir financé ses études en vendant du poulet sur le bord de la route, s’était présenté comme le héraut de la «Hustler Nation», la nation des «débrouillards, ceux qui se battent au quotidien pour survivre», face à l’alliance des «dynasties qui ont gouverné le pays depuis son indépendance», des dynasties clairement ciblées par cet impôt sur la fortune.

L’impôt sur la fortune n’est appliqué que dans une poignée de pays et représente 4% seulement de la fiscalité dans le monde, selon l’ONG Oxfam. Ses partisans invoquent la redistribution des richesses, tandis que ses détracteurs estiment que cet impôt finit souvent par appauvrir les pays qui l’appliquent sous l’effet de la fuite des capitaux.

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