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La dette des pays pauvres affole les compteurs

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La dette des pays à faible revenu a atteint un niveau record de 860 milliards de dollars en 2020. Des mesures de réduction, de restructuration et de transparence de la dette sont nécessaires pour aider les pays à faible revenu à surmonter leurs problèmes d’endettement, souligne la Banque mondiale dans un rapport très détaillé publié lundi 11 octobre.

Les plans de relance budgétaire massifs déployés par les gouvernements pour faire face à la pandémie de Covid-19 sont à l’origine de l’emballement de la dette. Ces mesures, qui visaient à répondre à l’urgence sanitaire, à atténuer l’impact de la pandémie et préparer les pays à la reprise, se sont traduites par une hausse de 12 % du poids de la dette des pays à faible revenu, dont le montant atteint un record de 860 milliards de dollars en 2020. Avant même la survenue de la pandémie, de nombreux pays en développement se trouvaient dans une situation vulnérable en raison du ralentissement de leur croissance économique et des niveaux élevés de leur dette publique et extérieure. Le volume de la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire a globalement augmenté de 5,3 % en 2020 pour atteindre 8.700 milliards de dollars.

L’emballement est général

«Le problème de la dette exige une approche globale qui intègre réduction de la dette, restructuration plus rapide et amélioration de la transparence, souligne le président du groupe de la Banque mondiale David Malpass. La viabilité de la dette est indispensable à la reprise économique et à la réduction de la pauvreté»

La détérioration des indicateurs de la dette est générale et elle concerne toutes les régions du monde. Dans l’ensemble des pays à revenu faible et intermédiaire, l’augmentation de l’endettement extérieur a été supérieure à la croissance du revenu national brut (RNB) et des exportations. Si l’on exclut la Chine, leur ratio dette/RNB est ainsi passé de 37 % à 42 % entre 2019 et 2020, tandis que leur ratio dette/exportations grimpait de 126% à 154%.

Face aux défis sans précédent engendrés par la pandémie et à la demande du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, les pays du G20 ont lancé en avril 2020 l’Initiative de suspension du service de la dette afin de faire bénéficier les pays à faible revenu d’un soutien à la liquidité temporaire. Les pays du G20 sont par la suite convenus de prolonger le moratoire jusqu’à la fin de l’année 2021. En novembre 2020, le G20 a adopté un « cadre commun pour le traitement de la dette afin de remédier aux situations d’endettement insoutenable et aux déficits de financement persistants. Les emprunts nets des pays à revenu faible et intermédiaire contractés auprès de créanciers multilatéraux ont atteint globalement 117 milliards de dollars en 2020, soit leur niveau le plus élevé depuis une décennie. Les flux générateurs de dette publique en direction des pays à faible revenu ont aussi atteint en 2020  un nouveau record en dix ans, à 71 milliards de dollars, soit une hausse de 25 %. Sur ce montant, 42 milliards de dollars proviennent de créanciers multilatéraux, y compris le FMI, et 10 milliards de dollars de créanciers bilatéraux.

Les gouvernements doivent se préparer à un risque possible de surendettement lorsque les conditions des marchés financiers deviendront moins favorables, en particulier dans les économies émergentes et en développement, prévient Carmen Reinhart, vice-présidente principale et économiste en chef du groupe de la Banque mondiale.

 

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