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La guerre des GAFA

La France et les États-Unis d’Amérique se battent maintenant sur un nouveau “front”.

Après s’être opposés sur la question du climat et de l’accord avec l’Iran, Paris et Washington affûtent leurs armes pour en découdre autour des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), quatre géants du numérique qui ont la particularité d’être Américains, et donc fortement protégés par la “puissance de feu” économique d’une Amérique qui sanctionne à profusion Chinois, Iraniens -et même ses alliés européens – mais n’entend nullement subir la “loi” des autres.


Il est donc évident que la décision prise par la France  d’imposer une taxe aux GAFA ne passera pas sans coup férir avec un D. Trump connu pour être un va-t-en-guerre notoire et déjà bien lancé dans la campagne présidentielle de 2020. Pour cet homme d’affairtes devenu président, protéger l’économie américaine est le deuxième « commandement » annoncé par son slogan de campagne «America first», après la sécurité nationale.
L’enquête qu’il a ordonnée sur la taxe “française” est une riposte-éclair qui s’apparente bien à une action de dissuasion économique énergique qui, sans effet immédiat, pourrait déboucher  sur des représailles américaines semblables à celles qui ont permis à Pékin et Washington de se neutraliser en limitant les dégâts causés par les taxes qui frappent leurs exportations respectives.
Il est donc difficile d’imaginer que la France puisse gagner la guerre des GAFA engagée sans le soutien de ses alliés européens. D’ailleurs, l’inscription de cette mesure dans une optique de politique intérieure (le gouvernement français compte sur ces recettes pour financer en partie les mesures sociales annoncées en réponse à la colère des «gilets jaunes» estimées à environ 10 milliards d’euros) en réduit la portée internationale vue comme la “redistribution” d’une partie négligeable de l’immense pactole de ces géants du numérique. Quelque chose que Paris estime, pour l’ensemble de l’année 2019 à un montant de 500 millions d’euros.
En discussion depuis plusieurs mois, le projet d’une «taxe Gafa» annonce un nouveau différend franco-américain. Si les négociations européennes peinent encore à trouver une issue concernant l’harmonisation du traitement fiscal des géants du numérique, la France a décidé de ne plus attendre. Le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, l’a confirmé : l’Hexagone commencera à prélever la taxe sur les Gafa à compter du 1er janvier prochain, «en cas d’échec des négociations» au niveau européen.
Cette mesure «pourrait être introduite dans la loi Pacte», approuvée en première lecture à l’Assemblée nationale et qui devrait être soumise au Sénat en début d’année prochaine. L’objection américaine trouve ses raisons dans la “mise aux normes” fiscale annoncée par le  ministre Bruno Lemaire : cette taxe sur les géants du numérique, qui paient en moyenne 9 % d’impôt en Europe, là où les entreprises traditionnelles paient 23 %, ne se limitera pas au chiffre d’affaires prévu dans la directive européenne. Celle-ci s’étendra également «aux revenus publicitaires, aux plateformes et à la revente de données personnelles».
Rappelons que tout est parti de cette annonce d’Emmanuel Macron faite le 10 décembre 2018 en réponse à la crise des “gilets jaunes” : «Les grandes entreprises qui font des profits [en France] doivent y payer l’impôt, c’est la simple justice». Mesure de bon sens certes, mais aussi une déclaration de guerre à un Donald Trump qui ne vit que dans et pour les crises.
Qui sait, peut-être que l’exemple français inspirera d’autres nations. Pourquoi pas celles d’Afrique qui ont besoin de ces recettes tirées des géants de la Tech américaine pour limiter la fracture numérique. Du bon sens !

GAFAM

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