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La technologie 5G : Huawei dame le pion aux occidentaux

Si cette avance place la Chine parmi les tout premiers en matière d’innovation technologique, capables de se mettre au niveau des Etats Unis, elle lui attire en même temps les foudres de l’administration américaine.

Ren Zhengfei, Fondateur et Ceo de Huawei

Ren Zhengfei, Fondateur et Ceo de Huawei

Boycotté par Google, Huawei active son plan B et compte le déployer dès cet automne. Toutefois, le pays dépend de nombreux services fournis par des entreprises américaines, à commencer par le système d’exploitation Android conçu par Google. Mais également l’empêchement de collaborer avec Qualcomm, Microsoft ou encore Intel. En outre, le déploiement de réseaux 5G par les entreprises chinoises est perçu, par de nombreux pays bénéficiaires, comme  un risque en matière de cybersécurité. Les Etats-Unis interdisent désormais les  équipements Huawei et font pression sur leurs alliés pour qu’ils fassent de même, ce qui pourrait à l’avenir limiter la croissance de la 5G chinoise.

Dans une étude qui est parvenue à AFRIMAG, COFACE, l’assureur-crédit français, dresse le bilan et les ambitions de la Chine en matière de technologie 5G. COFACE montre qu’après avoir  rattrapé son retard en technologies 3G et 4G, le gouvernement chinois a jeté son dévolu dans le développement de la 5G. Les firmes occidentales ont au moins un retard de 2-3ans sur Huawei en matière de la technologie 5G. C’est en 2014 que l’emblématique fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, a lancé le groupe de promotion “IMT-2020 5G” dans le but de rassembler tous les acteurs de l’écosystème pour créer des synergies et améliorer la coopération. La même année, le gouvernement a également soutenu l’investissement dans la filière, notamment en créant le Fonds national d’investissement de l’industrie du circuit Intégré (National Integrated Circuit Industry Investment Fund). L’objectif est de faire grimper l’industrie locale des puces téléphoniques de 65 milliards de dollars US (en 2016) à 305 milliards de dollars US en 2030. Dans ce contexte politique favorable, les entreprises chinoises ont été en mesure d’accroître rapidement la R&D dans le secteur privé. L’approche structurée de la Chine en matière de promotion de la 5G aidera de nombreuses entreprises locales à bénéficier de cette position de précurseur. On estime que 40% des brevets pour les normes de réseau 5G actuelles proviennent de sociétés chinoises. De plus, les entreprises chinoises devraient bénéficier de la 5G. A l’image de Huawei, leader mondial des infrastructures de réseau, qui détient actuellement 29% du marché. “En outre, la 5G devrait déclencher une vague de remplacement des téléphones mobiles. Un marché mondial qui compte trois acteurs chinois (Huawei, Xiaomi et Oppo) parmi son Top 5”, souligne l’étude de la COFACE. Selon l’Académie chinoise des technologies de l’information et des communications (CAICT-China Academy of Information and Communications Technology), le marché de la 5G pourrait représenter 3,2% du PIB chinois en 2025, soit 166 milliards de dollars US.

Défis à surmonter

La guerre commerciale que livre aujourd’hui l’administration américaine dans tous les domaines à la Chine, le secteur de l’électronique est particulièrement ciblé. A travers notamment les tarifs douaniers. Sur les 51% des 200 milliards  de dollars d’importations chinoises soumises aux droits de douane, 25% sont des produits électroniques, dont 23,5% sont des téléphones portables.

Telephone HuaweiLes droits de douane américains détériorent les termes de l’échange des exportations chinoises vis-à-vis de leur plus grand marché. Cela incite les entreprises et les consommateurs américains à diversifier la demande en dehors de la Chine. Par ailleurs, les entreprises chinoises dont l’activité porte sur la technologie 5G sont toujours dépendantes des importations de composants clés et demeurent donc exposées aux risques liés à la chaîne d’approvisionnement. De plus, les États-Unis ont annoncé, ce mois-ci, qu’ils interdiraient à Huawei, et à ses filiales, d’acheter des pièces et des composants aux entreprises américaines sans l’approbation préalable du gouvernement américain. Cela pourrait causer d’importantes perturbations au sein de l’organisation logistique de Huawei, dans la mesure où  environ 16% de ses composants provenaient l’année dernière d’entreprises américaines.

Les risques liés à la cybersécurité

“Le déploiement de réseaux 5G par les entreprises chinoises est perçu comme un risque pour la sécurité par de nombreux pays bénéficiaires potentiels”, souligne COFACE. Un certain nombre de pays, menés par les États-Unis, soutiennent que l’utilisation de l’infrastructure de réseau 5G de Huawei représente une menace. Selon eux, des backdoors (portes dérobées) pourraient permettre au gouvernement chinois d’accéder à des données sensibles d’entreprises et de consommateurs étrangers. Répondre à ces exigences de sécurité et de transparence est un défi majeur pour Huawei ainsi que pour toutes les entreprises technologiques chinoises.

La technologie a ses limites

Les applications de la technologie prendront des années avant que les réseaux autonomes
5G unifiés ne soient en place. L’une des associations internationales d’opérateurs de la téléphonie GSMA prévoit que seulement 14% de toutes les connexions seront alimentées en 5G d’ici 2025. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la 5G ne devienne la nouvelle norme de télécommunication. “La Chine est rapidement devenue un acteur majeur de la 5G, mais elle reste tributaire des importations de composants haut de gamme. Dans ce contexte, le secteur est donc exposé à des menaces protectionnistes”, déclare Pauline Weil, économiste junior chez Coface. “En raison des considérations politiques, la 5G fait actuellement l’objet de beaucoup d’attention. Mais l’interdiction des entreprises chinoises réduit totalement la compétitivité du secteur, ce qui en fait une décision coûteuse qui ne peut que heurter les intérêts des opérateurs privés”, ajoute  Carlos Casanova, économiste de Coface pour la région Asie Pacifique

COFACE Huawei NTIC

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