Après plusieurs années de préparation et un renforcement significatif de sa base financière, Family Bank franchit une étape décisive de son développement. La banque kényane de taille intermédiaire a obtenu l’autorisation de s’introduire à la Bourse de Nairobi via une cotation directe, une opération qui marque son ambition de rejoindre, d’ici à 2029, le cercle restreint des banques de premier rang du pays.
Family Bank a annoncé, jeudi 11 juin, avoir reçu l’aval de l’Autorité kenyane des marchés de capitaux (CMA) pour faire son entrée à la Bourse de Nairobi (NSE). À compter du 23 juin, l’établissement sera coté selon la formule de la cotation directe, un mécanisme permettant aux actionnaires existants de négocier leurs titres sur le marché sans émission de nouvelles actions ni appel à des capitaux supplémentaires.
Pilotée par Standard Investment Bank, l’opération vise principalement à améliorer la liquidité des actions détenues par les investisseurs actuels et à renforcer la transparence financière de la banque grâce aux exigences de reporting imposées aux sociétés cotées.
«Notre vision de transformer positivement la vie des populations en Afrique reste inchangée, et cette cotation contribuera à accélérer sa réalisation», a déclaré la directrice générale de Family Bank, Nancy Njau. Selon elle, cette introduction en Bourse est l’aboutissement de plusieurs années de préparation stratégique destinées à garantir une arrivée sur le marché dans les meilleures conditions.
Une banque renforcée avant le grand saut
Le choix d’une cotation sans levée de fonds traduit la solidité financière acquise par la banque ces dernières années. En 2025, Family Bank avait notamment mobilisé 8 milliards de shillings kényans (près de 61,8 millions de dollars) à travers un placement privé, consolidant ainsi ses fonds propres.
Fondée en 1984 comme une petite institution d’épargne et de crédit destinée aux ménages à revenus faibles et intermédiaires, Family Bank a progressivement élargi son empreinte avant d’obtenir le statut de banque commerciale en 2007. Quatre décennies plus tard, l’établissement affiche des indicateurs financiers en forte progression.
Des performances financières en nette hausse
Au premier trimestre 2026, le bénéfice net de Family Bank a bondi de 52,6 % pour atteindre 1,6 milliard de shillings kényans. Dans le même temps, le total des actifs a progressé de 32,3 %, à 230,3 milliards de shillings.
Les dépôts de la clientèle ont atteint 168,2 milliards de shillings, tandis que le portefeuille net de crédits a enregistré une hausse de 12,6 %, à 108,4 milliards de shillings. Des résultats qui confortent la stratégie de croissance engagée par l’établissement.
Une vision de long terme portée par des investisseurs institutionnels
L’actionnariat de Family Bank est dominé par des investisseurs institutionnels de long terme, parmi lesquels figurent la Kenya Tea Development Agency, Pan Africa Insurance et le fonds de pension Local Authorities Pension Trust.
Pour le président du conseil d’administration, Lazarus Muema, l’entrée en Bourse n’est pas une décision opportuniste dictée par les conditions du marché, mais l’aboutissement d’un processus mûrement réfléchi.
Lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue en octobre 2025, il avait souligné que la banque avait pris le temps nécessaire pour créer de la valeur avant de franchir cette étape. L’objectif, selon lui, dépasse le simple prestige associé à une cotation : il s’agit de renforcer durablement la création de valeur pour les actionnaires et de préparer la banque à une croissance soutenue.
Cap sur le statut de banque Tier 1
Évoquée pour la première fois en 2023, l’introduction en Bourse avait été reportée en raison d’un contexte de marché peu favorable. Son aboutissement constitue aujourd’hui un signal encourageant pour la place financière de Nairobi, qui peine depuis plusieurs années à attirer de nouvelles sociétés cotées.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2025-2029 de Family Bank, qui prévoit une réorganisation en holding, une expansion vers les marchés d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale, ainsi qu’un renforcement des investissements dans la transformation numérique.
Au-delà de la cotation, l’ambition est clairement affichée : intégrer, d’ici à 2029, le cercle fermé des banques kényanes de catégorie « Tier 1 », synonyme de puissance financière et d’influence sur le marché bancaire national.





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