Luanda envisage de créer un fonds spécial chargé de la gestion d’environ 15 milliards de dollars d’actifs récupérés dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption, a annoncé la ministre des Finances, Vera Daves de Sousa, hier mardi 7 mars. Les actifs détournés sous José Eduardo dos Santos (ndlr : l’ancien président) comprennent des biens immobiliers, des actions dans des sociétés, des voitures et de l’argent liquide.
Le gouvernement angolais étudie plusieurs options pour gérer les actifs récupérés dans le cadre de la campagne de la lutte contre la corruption. Des biens et de l’argent détournés sous le régime de José Eduardo do Santos. La création d’un fonds d’investissement dédié est le schéma le plus probable a révélé la ministre des Finances Vera Daves de Sousa à la station de radio privée Luanda Antena Comercial dont les propos sont relayés par plusieurs agences de presse internationales.
Cette annonce intervient quelques semaines après que la direction du Service national de recouvrement des avoirs (ndlr : l’instance anti-corruption chargée de la traque de fonds détournés sous le régime Do Santos) a annoncé en janvier dernier, que l’Etat a recouvré pour plus de 5 milliards de dollars d’actifs constitués de biens publics détournés dans des faits de corruption et planqués à l’étranger. Ce montant s’ajoute à un précédent recouvrement de plus de 10 milliards de dollars en février 2022. Ces encaissements font suite à des jugements définitifs prononcés par la justice dans des affaires de corruption. L’Etat attend encore des décisions judiciaires pour récupérer 21 milliards de dollars d’actifs détournés.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le président angolais João Lourenço a lancé une campagne de lutte contre la corruption pour récupérer des biens mal acquis sous la longue présidence (1979-2017) de son prédécesseur, José Eduardo Dos Santos. Dans ce cadre, les autorités ont lancé 715 poursuites pénales pour corruption, fraude, détournement de fonds et autres délits financiers.
Selon les estimations officielles, des membres de la famille dos Santos, d’anciens ministres et des ex-dirigeants de sociétés d’Etat ont transféré illicitement quelque 150 milliards de dollars à l’étranger entre 2001 et 2017.





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